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Festival : Marseille, ville-monde

par Véronique Giraud
"Requiem pour L." est présenté en première française à Marseille © Chris van der Burght
Dans Balabala, dernière création du chorégraphe javanais Eko Supriyanto, cinq jeunes danseuses donnent voix à une communauté reculée de l’est de l’Indonésie. © Widhi Cahya, Salihara
Dans Balabala, dernière création du chorégraphe javanais Eko Supriyanto, cinq jeunes danseuses donnent voix à une communauté reculée de l’est de l’Indonésie. © Widhi Cahya, Salihara
Le Festival de Marseille s’invite au Mucem avec la recréation en France de
Le Festival de Marseille s’invite au Mucem avec la recréation en France de "Domo de Europa", une exposition théâtralisée de Thomas Bellinck. ©Danny Willems
Arts vivants Danse Publié le 13/06/2018
"Dans quel Marseille voulons-nous vivre les prochaines années ?" C’est la question que pose Jan Goossens qui, à la tête du Festival de Marseille, programme quelques belles perspectives en créations. Du 15 juin au 8 juillet, la 23e édition de ce festival de la danse, du mouvement et du corps, place le vivre-ensemble au premier-plan, et s’inscrit bien sûr sur la ligne amour de l’événement MP2018.

Pau à peu, le festival de Marseille a gagné sa place dans le peloton de tête des grands festivals français, ceux où l'on ose créer des œuvres au lieu de faire tourner des spectacles qui ont déjà marché. Sept spectacles du Festival sont ainsi des premières en France. Ils sont l’œuvre de créateurs européens de renom, tels Alain Platel, Olivier Dubois, Jan Lauwers et Lisbeth Gruwez, et souvent co-produits par le Festival. Trois créations feront à Marseille leur première mondiale, à l’instar de celle d’un jeune artiste marseillais, Eric Minh Cuong Castaing, Phoenix, où il part en quête d’un dialogue entre l’homme, son corps d’une part et la machine ou drone d’autre part, mais aussi entre la danse occidentale contemporaine et la danse folklorique traditionnelle arabe. Phoenix est au Ballet National de Marseille les 26, 27 et 28 juin. Comme le résume le directeur du festival, « Les artistes invités de cette édition 2018 sont des conteurs qui imaginent de nouveaux univers et histoires. Ils invitent souvent, avec beaucoup d’amour, à faire un pas vers l’autre, pour ainsi mieux le comprendre, et mieux tenter le vivre ensemble ».

 

Cette édition présentera son projet L’Âge d’or, fruit d’une rencontre et d’une collaboration de plusieurs années entre Eric Castaing et ses danseurs d’une part et des enfants en situation de handicap moteur de l’institut Saint Thys de Marseille. Le lien exceptionnel entre les artistes et les enfants a motivé un projet, complexe, entre documentaire et fiction, entre film et performance, avec le corps atypique. Grâce à ce travail très fin avec les enfants, sur scène et à l’écran, la perception du spectateur vacille, et les « patients avec un handicap » apparaissent comme des enfants exceptionnels, avec des qualités et une beauté uniques. Le film de L’Âge d’or, couronné par le prestigieux prix Audi Talents 2017, est programmé en juin au Palais de Tokyo à Paris. Deux séances seront présentées au FRAC, le mercredi 4 juillet en après-midi.

 

L'Indonésie d'Eko Supriyanto. Le week-end d’ouverture donne le ton à travers une plateforme de grands artistes et penseurs de différentes villes et continents, à Marseille, en Europe et ailleurs. Vendredi 15 juin, à La Friche La-Belle-de-Mai, le célèbre chorégraphe indonésien Eko Supriyanto, l’un des danseurs les plus doués de sa génération, donnera Balabala (également les 16 et 17 juin). Après l’Europe, les Etats-Unis, l’Asie, il est retourné en Indonésie où il travaille avec des danseurs issus de communautés souvent fragiles et isolées de son archipel natal. Une de ces collaborations a donné Balabala, un spectacle monté avec cinq femmes/danseuses du peuple Tobaru, qu’il a invitées à s’approprier les danses guerrières, traditionnellement réservées aux hommes. Ce même week-end, sa pièce Salt est donnée en première française les 16 et 17 juin, toujours à La Friche La-Belle-de-Mai. Pour ce solo, Eko Supriyanto puise dans ses origines et ses longues années d’expérience en tant que nageur et plongeur dans l’immense océan entourant l’Indonésie pour faire faire remonter à la surface des questions et des contenus tant personnels que géopolitiques, comme le changement climatique.

 

Ode aux femmes. Les 16 et 17 juin à La Friche, Lisbeth Gruwez dansera pour la première fois en France son solo Pénélope, qu’elle a créé l’an passé dans le cadre d’un grand projet théâtral, pour lequel elle a reçu pour mission de danser, en une demi-heure, toutes les femmes silencieuses dont on parle dans l’Odyssée, mais qui, elles, ne parlent pas.

The Sea Within, spectacle de Lisbeth Gruwez, sera sur la scène du théâtre Le Merlan les 19 et 20 juin. Dix danseuses à l’unisson seront accompagnées en direct du compositeur-musicien Maarten Van Cauwenberghe. Dix mouvements répétés sans cesse, dix respirations, pour danser « ici et maintenant ».

Au même moment, le Festival s’invite au Mucem avec la recréation en France de Domo de Europa (« Maison de l’Histoire Européenne en Exil »), une exposition théâtralisée de Thomas Bellinck. L’artiste belge offre au visiteur une immersion solitaire dans l’Europe, parcourue par les étapes de la longue désagrégation de l’Union Européenne, et invite à remonter le temps. L’installation est accueillie dans le village du Fort Saint Jean pendant toute la durée du festival, et tout l’été, dans le cadre de MP2018. L’Alcazar s’associe à l’événement en projetant, le 22 juin, le film Europa, chef d’œuvre de Lars Von Trier.

 

Dubois, Coulibaly, Belaza. Natif d’Aix-en-Provence, Olivier Dubois fut danseur du Ballet Preljocaj. Élu en 2011 parmi les 25 meilleurs danseurs du monde, il crée depuis douze ans une œuvre très singulière. Il présentera son solo Pour sortir au jour, un spectacle à voir comme une renaissance, avec des allures de peep-show ou de tribunal avec un rôle clé que le public se voit attribuer. Les 22, 23 et 24 juin, à KLAP Maison pour la danse.

Serge Aimé Coulibaly avait clôturé l’édition 2017 du Festival de Marseille avec Kalakuta Republic, avant de conquérir le Festival d’Avignon. Cette année, le chorégraphe du Burkina Faso est de retour avec la première mondiale de Kirina, une fresque inspirée d’une bataille dans le Sud du Mali au XIIIe siècle (sorte de Austerlitz africain), qui a donné lieu à la fondation du premier Empire du Mali sous l’égide de Soundiata Keïta, dirigeant politique éclairé et grand exemple d’une gouvernance démocratique.

Nacera Belaza partage une longue histoire avec Marseille, elle donnera sa dernière création Le Cercle, les 4 et 5 juillet au Théâtre Joliette. Dans cette pièce, elle rassemble autour d’elle des danseurs de différents pays et de différentes origines, avec qui elle n’a encore jamais travaillé. Boris Charmatz vient à Marseille avec 10000 Gestes, où il approfondit sa quête d’un chaos ordonné où nul mouvement n’est pareil au précédent, où nulle image n’est pareille à la précédente. Le 5 juillet, ses 23 interprètes danseront ensemble 10000 Gestes sur la Place d’Armes du Mucem.

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