espace abonné Mot de passe oublié ?

Vous n'avez pas de compte ? Enregistrez-vous

Mot de passe oublié ?
ACCUEIL > Analyse > Montpellier Danse joue la création pour l’été 2019

Montpellier Danse joue la création pour l’été 2019

par Jacques Moulins
Christian Rizzo présentera sa création
Christian Rizzo présentera sa création "Une Maison" en ouverture du festival. © Rizzo
Arts vivants Danse Publié le 18/03/2019
Jean-Paul Montanari, son directeur, a présenté lundi 18 mars la programmation de la 39e édition de Montpellier Danse. Forsythe, Preljocaj, Rizzo y présenteront leurs nouvelles créations ainsi qu'une dizaine de chorégraphes qui comptent sur la scène internationale. Anne Teresa De Keersmaeker assumera la clôture d'un festival qui consacrera une de ses journées au centenaire de Merce Cunningham.

Ce n’est pas encore le quarantième anniversaire de Montpellier Danse que son directeur, Jean-Paul Montanari, prépare avec une évidente gourmandise. Mais cette 39e édition confirme déjà les classiques de ce festival qui, depuis ses débuts, tangue entre contemporain et néo-classique, avant-gardes et ballets. Un tango réussi qui autorise quelques vanités, comme celle de croire que « la danse contemporaine est née en 1970 ». Il est vrai qu’en France, pays où tout festival doit d’abord convaincre les élus par nature réticents à l’audace, c’est dans ces années-là que deux villes ont permis à la danse contemporaine de s’affirmer. La première, Aix-en-Provence, où le festival n’a pas longtemps survécu au départ de sa directrice culturelle, l’américaine Susan Buirge, qui a joué un rôle considérable pour la formation des jeunes Français. La seconde Montpellier où, comme le rappelle justement le programme imprimé, un artiste, Dominique Bagouet, et un politique, Georges Frêche, ont eu cette volonté commune de faire de la ville un lieu international de la danse.

 

Trois blockbusters. Danse à Aix privilégia les chorégraphes, des femmes surtout, qui faisaient du contemporain un art nouveau. Montpellier Danse a toujours promu le ballet, nouant des liens particuliers avec ces chorégraphes, des hommes la plupart du temps, qui comme Dominique Bagouet avaient d’abord reçu une formation classique. Le programme de l’été 2019 l’affirme encore avec force : Forsythe et Preljocaj auront les honneurs du festival. Avec des créations pour Montpellier Danse. William Forsythe, présenté par Jean-Paul Montanari comme « celui qui a fait le pont entre classique et contemporain » devrait donner trois représentations au Corum de A Quiet Evening Of Dance « loin des provocations habituelles ». Le second n’étant pas provocateur par nature, on ne risque rien. Il présentera Winterreise sur une musique de Schubert.

S’il faut rappeler que la danse contemporaine est loin de la fougue de ses débuts, la « commémoration » d’un centenaire est là pour le faire. Celui de Merce Cunningham, dont une partie des cendres venue des États-Unis a été déversée sur le studio qui porte son nom à Montpellier conformément à son souhait. Le centenaire est célébré par une journée complète, le 26 juin. Elle s’achèvera par la reprise de deux de ses pièces Summerspace et Exchange, exécutée par le ballet de l’Opéra de Lyon. Deux disciples de Cunningham, Trevor Carlson et Ashley Chen, présenteront également des chorégraphies bâties sur l’univers du maître.

 

Une pléiade de créations. La vente de la billetterie ainsi assumée par ces trois « blockbusters », une pléiade d’auteurs est annoncée pour cette édition forte en créations. En premier lieu, Christian Rizzo, qui assumera avec Une Maison l’ouverture de Montpellier Danse le 22 juin. Le chorégraphe, qui dirige le centre chorégraphique national de Montpellier, est un habitué du festival. Il présente sa pièce comme étant « des histoires de danse qui se croisent » et comme « la première de mes pièces avec autant d’interprètes » (quatorze en tout), avec « plusieurs générations de danseurs, 38 ans d’écart entre le plus jeune et le plus âgé ». Elle s’annonce comme un hymne à la danse pénétrée de la « question de transmission ».

Créations encore avec This Bridge Called My Ass de Miguel Gutierrez, que Jean-Paul Montanari voit comme un des rares novateurs new-yorkais actuel, avec le jeune chorégraphe syrien Mithkal Alzghair qu, avec We are not going back, dansera « notre rapport aux frontières », et la canadienne Dana Michel et son Cutlass Spring. Enfin un chorégraphe apprécié du public du festival, Boris Charmatz, qui nous entraine vers infini, création pour laquelle il a fait construire un petit théâtre dans la cour de l’Agora. Quant à Kader Attou, il reprendra The Roots, en extraits sur différentes places de la métropole.

De jeunes créateurs sont également produits par le festival. La chorégraphe hollandaise Jefta van Dinther présente un travail sur le temps qui passe, The Quiet avec cinq danseuses. Anne Collod, partisane de la cinétographie Laban, proposera Moving Alternatives. Ester Salomon s’intéresse elle à Valeska Gert, une femme de théâtre et de danse avant-gardiste des années 1920. Le sénégalais Amala Dianor, venu du hip hop, créera à Montpellier The Falling Stardust.

 

Anne Teresa De Keersmaeker en clôture. Ceux qui ont eu la chance d’être à Bruxelles en janvier dernier auront peut-être dédié une soirée au Théâtre de la Monnaie où Anne Teresa De Keersmaeker a présenté sa dernière création Les six concertos brandebourgeois de Bach. Cette longue pièce - les six concertos sont donnés à la suite et sans entracte - mobilise seize danseurs pour cette passion musicale de la chorégraphe belge. Ses fans connaissent déjà plusieurs de ses pièces créées sur la musique de Bach qu’elle voit comme « une architecture en mouvement », notamment Toccata (1994). La reprise des Concertos pour clôture du festival au Corum est un bien beau cadeau fait au public de Montpellier Danse.

 

Montpellier Danse, 39e édition du 22 juin au 6 juillet 2019.

 

Partager sur
Fermer