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Gérard Noiriel, « l’immigration ne peut pas être confondue avec la colonisation »

par Pauline Rivaud
L'historien Gérard Noiriel DR
L'historien Gérard Noiriel DR
Hors-Champs Croisement Publié le 10/03/2006
L'historien Gérard Noiriel est membre du Comité d’histoire de la Cité nationale de l’histoire de  l’immigration.

Comment expliquer que la France ait tant tardé à reconnaître les mémoires d’immigration ?

Comme je l'ai expliqué dans le premier chapitre de mon livre Le creuset français, (Seuil 1988, nouvelle édition 2006), en France la mémoire collective s'est fixée au début de la IIIe République autour du clivage national/étranger, ce qui a longtemps rendu proprement invisible le rôle de l'immigration dans l'évolution de la société française.

 

Ne craignez-vous pas que les mémoires soient “enfermées” dans ce musée ?

Le rôle du conseil scientifique est de faire passer dans la mémoire collective les acquis de la recherche historique. Il s'agit de faire connaître et de faire comprendre le processus historique de l'immigration comme une composante de l'histoire de la France, et de l'histoire mondiale, et non pas de célébrer les mémoires communautaires.

 

Comment chez les autres anciennes puissances coloniales traite-t-on cette question ?

Pour nous, l'immigration ne peut pas être confondue avec la colonisation, même si c'est à la mode de penser ainsi aujourd'hui. Nous accordons la même importance à toutes les composantes de l'immigration, qu'elles viennent ou non de l'ancien empire colonial français, et nous essayons de développer les liens avec les pays d'origine, pour que cette mémoire collective soit à la fois une mémoire de l'immigration et de l'émigration.

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