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Mot de passe oublié ?Alors qu’à Marseille le Mucem propose depuis le 10 mai l’exposition Barvalo dédiée aux communautés des gens du voyage, le musée Réattu à Arles présente une exposition de photos consacrée à la communauté gitane. L’esprit nomade ouverte depuis le 27 mai et jusqu’au 1er octobre, expose 150 images réalisées par Jacques Léonard, photographe méconnu en France, dont la mise en lumière a été rendue possible grâce à un partenariat avec la Fondation Photographic Social Vision de Barcelone qui possède dans son fonds photographique plus de 20 000 clichés réalisés par l’artiste.
Des studios Gaumont à l’immersion à Barcelone Disparu en 1994, Jacques Léonard avait commencé sa carrière dans le cinéma, aux studios Gaumont, travail qui l’avait notamment conduit à collaborer sur plusieurs films d’Abel Gance. Il réalisait aussi des reportages photographiques. Après plusieurs travaux en Espagne le photographe décide de s’installer dans le pays en 1952 où il fonde à Barcelone sa propre agence photo, Publifoto, essentiellement dédiée à la photo publicitaire, ce qui ne l’empêche pas de réaliser toujours des reportages. De son arrivée dans la capitale Catalane jusqu’à la fin de son activité professionnelle survenue pour raison de santé au milieu des années 1970, le photographe a consacré une grande partie de son travail à la ville de Gaudí et à sa vitalité autour des fêtes, des marchés, des parcs, des rues, du port et des plages de la Barceloneta, témoignant aussi de l’éclosion du tourisme dans une ville qui aujourd’hui cherche à le réguler.
Des clefs pour pénétrer la communauté gitane Ayant épousé une gitane du quartier de Montjuïc, Rosario Amaya, Jacques Léonard va tout naturellement s’intégrer à la communauté, y pratiquer sont art en immersion complète, portant un regard bienveillant sur la communauté, son mode vie, ses liens familiaux, qui tord le cou aujourd’hui à bien des préjugés. A la différence d’autres grands photographes qui se sont eux aussi intéressés à l’univers gitan, et non des moindres à commencer par le plus arlésiens d’entre eux, Lucien Clergue, Léonard aura pu grâce à son lien conjugal tisser des liens très forts avec les membres d’une communauté qui ne se livre pas au regard du photographe sans confiance. Partageant la vie et le quotidien de sa belle-famille pendant plus de 20 ans, Jacques Léonard a ainsi pu constituer une des collections les plus importantes de la culture gitane sur lequel le musée Réattu lève le voile aujourd'hui.
Deux reportages mis avant Cette exposition consacrée à Jacques Léonard est aussi l’occasion de montrer Évadés, reportage réalisé en 1943 sur le passage par l’Espagne de jeunes Français qui fuyaient le fascisme pour embarquer à Malaga vers l’Afrique et la liberté. La División Azul reportage réalisé en 1954, témoigne du retour en Espagne, 9 ans après la fin de la seconde guerre mondiale, des membres de la División Azul (250e Division d’Infanterie de la Wehrmacht) à bord du navire Semiramis. 45 000 hommes avaient été recrutés par Franco pour aider l’armée nazie dans l’invasion de la Russie.