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Âmes vertes, l’art contemporain bouscule l’anthropocène

par Pierre Magnetto
La dérive des continents de Christiane Geoffroy. © Fondation EDF Âmes vertes
La dérive des continents de Christiane Geoffroy. © Fondation EDF Âmes vertes
Symphony for absent wildife,  de Lucy + Jorge Orta. © Fondation EDF Âmes vertes
Symphony for absent wildife, de Lucy + Jorge Orta. © Fondation EDF Âmes vertes
Les deux plateaux de la Friche de la Belle de Mai investis jusqu'au 1er juin. © Fond EDF Âmes vertes
Les deux plateaux de la Friche de la Belle de Mai investis jusqu'au 1er juin. © Fond EDF Âmes vertes
Arts visuels Arts plastiques Publié le 17/02/2025
L’exposition d’art contemporain présentée à la Friche de la Belle de Mai à Marseille, coproduite avec la Fondation groupe EDF et conçue par l’historien de l’art Paul Ardenne, présente le travail de 22 artistes et 5 architectes qui abordent la question écologique dans un esprit de résilience.

« Avec Âmes vertes, c’est la question écologique qui est mise en lumière par les artistes. Notre rapport à la nature devient tour à tour matière à alerter, à faire rêver, à faire sourire ». C’est ainsi qu’Alexandre Perra, Délégué général de la Fondation groupe EDF, résume l’esprit d’Âmes vertes, quand l’art affronte l’anthropocène, exposition présentée en co-production avec la Friche de la Belle de Mai à Marseille jusqu’au 1er juin. Alors que le vent d’un climatoscepticisme décomplexé, pour ne pas dire triomphant, semble de nouveau souffler sur la planète, on pourrait croire qu’en faisant clairement allusion à l’anthropocène l’exhibition vienne alimenter le climat ambiant d’éco-anxiété. En réalité il n’en est rien car comme l’a voulu Paul Ardenne, historien d’art et commissaire de l’exposition, les 22 artistes et 5 architectes exposés « répondent avec optimisme et résilience » pour inviter les visiteurs à questionner leurs comportements et à, justement, « éveiller » leurs âmes vertes.

 

Le prolongement de Courants Verts. La programmation de l’expo à la Friche en milieu d’hiver jusqu’au premier jour de l’été n’a bien sûr rien à voir avec le calendrier politique international, ni avec les bouleversements géopolitiques annoncés en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Tout au plus peut-on dire qu’elle tombe à point nommé. En réalité, cette initiative de la Fondation groupe EDF vient de plus loin. Elle s’inscrit dans le prolongement de Courants Verts présentée en 2020 au siège de la Fondation à Paris sous la direction déjà de Paul Ardenne, événement invitant les visiteurs à se connecter à la nature à travers le travail des artistes, mais prématurément et brutalement interrompu en raison de la crise sanitaire.

 

« Un regard artistique et sensible sur la question environnentale. L’exposition investit les deux plateaux de1400 mètres carrés de la Friche de la Belle de Mai pour présenter aussi bien des installations monumentales, des photographies, des sculptures, des tapisseries, des vidéos et aussi, des maquettes architecturales. Des œuvres « qui posent un regard artistique et sensible sur la question environnementale ». Si les œuvres occupent tout l’espace, elles ne sont pas disposées en un parcours organisé. Aux visiteurs de déambuler, de picorer parmi les diverses formes de propositions, ce qui leur est donné à voir, à comprendre, à ressentir. L’éco-artiste Thiphaine Calmettes qui valorise les matériaux organiques présente Faire fleurir le salon, une composition de lampes en cire et de mobiliers sculptés en bois.Avec Brèches mécaniques, Luce Moreau aussi utilise de la cire d’abeilles fondue pour concevoir des sculptures en imprimante 3D. Ainsi plutôt que de montrer l’abeille, ces deux artistes utilisent le produit de l’activité de l’insecte pour créer leurs oeuvres. Dans la même démarche d’utiliser le produit du vivant pour un projet artistique, Thierry Boutonnier, arboriculteur et artiste, présente Le blé des cerises, une installation de noyaux de cerises brodés sur des filets anti-insectes, alors que cette culture est en déclin dans sa région des monts du Lyonnais.

 

 

Marier esthétique et utilité Edith Roux, photographe et vidéaste, s’est immergée dans une communauté écoresponsable de Virginie fondée en 1967 est qui vit en toute autonomie. Son film, Twin Oaks, ouvre une réflexion sur une alternative au mode de vie consumériste. Jérémy Gobé, dans un projet imbriquant art et science, a imaginé avec Corail artefacts solutions, des dispositifs écoconçus pour la protection des récifs coralliens menacés de disparition à travers le monde. L’artiste Christiane Geoffroy, nourrie par les liens étroits qu’elle entretien avec de nombreux scientifiques, a imaginé une mappemonde sur laquelle la proportion ces États est corrélée à leurs émissions de CO2 et à leurs PIB. Paul Ardenne a aussi invité des éco-architectes à présenter des maquettes architecturales de projets en cours ou réalisés tel celui de l’atelier d’architecte Vincent Parreira qui propose « des bâtiments intégrés, non-agressifs, visant à améliorer leur contexte en tissant des liens avec le milieu local ». Christian Hauvetten dont l’architecture est à la fois « constructiviste, réaliste et contextuelle », affiche un documentaire photographique. L’expo rend hommage à son bâtiment Eden Square de Rennes comprenant une centaine de logements bio-climatiques à énergie positive et à empreinte carbonne minimale. La présence des architectes « a pour vocation de marier esthétique et utilité, vision artistique et impératif pratique au nom de cette volonté de se porter au-delà de la fantasmagorie ou de la rêverie sans fond, en faisant du contexte un aiguillon et du possible une réalité tangible et soutenable », commente Paul Ardenne.

 

Âmes vertes, quand l’art affronte l’anthropocène, Jusqu’au 1er juin à La Friche de la Belle de Mai à Marseille.`

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Les deux plateaux de la Friche de la Belle de Mai investis jusqu'au 1er juin. © Fond EDF Âmes vertes
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