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Mot de passe oublié ?C’est un formidable soleil qui illumine l’immense verrière de la Bourse de Commerce de Paris. Un rayon de lumière dans une époque trop sombre. L’exposition Corps et âmes y présente, jusqu’au 25 août, des œuvres de la collection Pinault où l’on retrouve ou découvre les artistes contemporains les plus créatifs du monde entier. De quoi faire vomir les Trump, Poutine et autre Orbàn tant les corps présents bousculent l’académisme et une histoire de l’art où la liberté des corps, notamment féminins, était souvent absente, comme leurs revendications et leurs capacités ironiques ou provocantes.
Dès la première salle, le diptyque The Woman Bathing du Ghanéen Gideon Appah donne le ton, comme la vidéo de la cinéaste chilienne Ana Mendieta. Démontrant la vivacité de la création de l’Afrique du Sud, de nombreux artistes de ce pays sont présents, du fabuleux William Kentridge, dans une animation vidéo dont il a le secret, à l’incontournable Marlene Dumas et ses toiles de corps à peine esquissées.
Quarante artistes contemporains. Une quarantaine de talents sont convoqués pour ces représentations si créatives de l’âme et du corps. De la haute salle d’où se suspendent les immenses toiles de l’Allemand Georg Baselitz qui peint sur fond noir les corps tête en bas à la cimaise de portraits fictifs de l’Anglo-Ghanéenne Lynette Yiadom-Boakye. Dérangeantes les installations hyperréalistes de Duane Hamson avec ses sculptures grandeur nature du rêve américain à l’envers, percutantes les photographies de Diane et Allan Arbus, Richard Avedon, Irving Penn, Man Ray, LaToya Ruby Frazier.
Les vingt-quatre vitrines du passage bordant l’enceinte circulaire de béton ont été offertes au cinéaste et sculpteur libanais Ali Charri qui les emplit de ses réinterprétation d'objets anciens, alors qu’à l’intérieur de l’immense Rotonde est projeté sur grand écran un film d’Arthur Jafa, Love is the Message, the Message is Death, où alternent en musique et à grand rythme les figures iconiques de la culture noire américaine et des scènes, souvent cruelles, de la vie quotidienne.
A voir également la première exposition monographique en France de la photographe africaine américaine Deana Lawson qui saisit ses modèles dans un cadre domestique en leur demandant de fixer l’objectif pour des regards inattendus et troublants.
Corps et âmes, jusqu'au 25 août, Bourse du Commerce, Pinault Collection, Paris.