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À Angers, le cinéma est porté aux Premiers plans

par Véronique Giraud
Claude-Éric Poiroux, délégué général du festival Premiers Plans, lors de la soirée d'ouverture le 17 janvier ©Rivaud/NAJA
Claude-Éric Poiroux, délégué général du festival Premiers Plans, lors de la soirée d'ouverture le 17 janvier ©Rivaud/NAJA
Fabrice Luchini fait son show sur la scène du festival Premiers Plans d'Angers le 17 janvier. ©Rivaud/NAJA
Fabrice Luchini fait son show sur la scène du festival Premiers Plans d'Angers le 17 janvier. ©Rivaud/NAJA
Fabrice Luchini et Claude-Éric Poiroux, délégué général du festival Premiers Plans, avant la projection en avant-première de
Fabrice Luchini et Claude-Éric Poiroux, délégué général du festival Premiers Plans, avant la projection en avant-première de "Victor comme tout le monde". ©Rivaud/NAJA
Cinéma Publié le 18/01/2026
La 38e édition de Premiers plans, festival qui fait la part belle aux premiers films, s’est ouverte le 17 janvier à Angers. La soirée inaugurale ne pouvait faire l'impasse sur l'avenir du cinéma. Son président Jérôme Clément, et celui du CNC, Gaétan Bruel s'y sont employés avant le secours imprévisible de Fabrice Luchini.

Ce 17 janvier, la 48e édition de Premiers plans s’est ouverte dans le grand auditorium du Centre de Congrès d’Angers, siège névralgique du festival jusqu'au 25 janvier. En introduction, la parole réconfortante du maire, Christophe Béchu, assurant un soutien indéfectible de la commune à la manifestation qui a du faire face à la suppression de la subvention régionale, la parole engagée et européenne du président du festival Jérôme Clément, celle de Gaétan Bruel qui, dans son rôle de président du Centre national du Cinéma (CNC), s'est montré confiant tout en dressant un état des lieux de cet art, né en France il y a 130 ans : « Dans le monde entier, la fréquentation a beaucoup baissé ces dernières années, nous avons perdu 40% de la fréquentation mondiale entre 2019 et 2024 - 8 milliards de billets en 2019, 4,8 milliards en 2025 - Dans la concurrence entre les écrans, dans la manière d’organiser, la place du cinéma a changé. Fragilisé par la concurrence entre les écrans, par la catastrophe sanitaire qui a fait que, jeunes et adultes, passent plus de temps sur leurs écrans. Et qu'avec l’IA générative on entre dans un rapport aux images marqué par une forme d’inauthenticité. Le cinéma est arrivé à un moment crucial de son existence. Nous pensons en France que le cinéma va continuer de resplendir, à condition que nous continuions à le réinventer. »

 

Rétrospectives, rencontres et projections. « Je crois pouvoir dire qu’on se souvient toujours de ses premières fois, parce qu’on ressent des choses qu’on n’a jamais connues » déclarait joliment le maire d'Angers. Certes le festival s'attache à accueillir les premiers films, il sont dix cette année, mais il ne s'en contente pas puisque figurent au programme un hommage à l'univers de Werner Herzog, une rétrospective qui retrace le traitement de la justice et du témoin sur grand écran, une autre sur Naples contée en une dizaine de films. Les avant-premières sont aussi le privilège qu'offrent les festivals dont les projections sont enrichies de rencontres avec les réalisateurs. Long métrages, courts-métrages, animations, fictions, documentaires, le cinéma a une riche palette pour dépeindre la société et faire rêver.

 

Pérenniser les événements culturels. Cette soirée inaugurale fut aussi l'occasion de rappeler le rôle fondamental des festivals dans l’éducation au cinéma des nouvelles générations de spectateurs. Jérôme Clément annonça, dans cet esprit, le projet d’une convention entre l’État, la ville d’Angers, le département du Maine et Loire, et le festival Premiers Plans, « qui permettrait d’asseoir sur plusieurs années une forme d’engagement pluriannuel pour envisager l’avenir avec plus de sérénité ». Au passage, le président a rappelé et remercié le soutien des mécènes d’entreprises et des très nombreux mécènes individuels qui ont répondu à l’appel l’an dernier pour faire face aux problèmes financiers qu’affrontait le festival. « Ils ont continué cette année, nous les remercions ». Jérôme Clément se livrait devant les festivaliers : « Une démocratie qui ne met pas la culture au cœur de ses préoccupations perd ses repères, laisse ses citoyens sans réflexion, sans interrogation, sans débat, sans curiosité. Sans les artistes qui nous aident à comprendre le monde et à réfléchir avec eux sur ce qui se passe, nous serions un peu plus décontenancés ».

 

Et rire avec Fabrice Luchini. Ces réflexions autour d'un art populaire, ces inquiétudes partagées, ces espoirs en un cinéma d'auteur libre et soutenu, furent balayées par l'arrivée désopilante de Fabrice Luchini, venu à Angers présenter en avant-première le long-métrage de Sophie Fillières, Victor comme tout le monde, dans lequel il tient le premier rôle. Accueilli chaleureusement par le délégué général du festival, Claude-Éric Poiroux, Luchini a fait son show, pour le plus grand plaisir du public déjà conquis. Aux anecdotes de ses débuts avec Rohmer, lui le garçon coiffeur que rien ne destinait au cinéma, lui qu’on associe trop vite aux comédies, rappelle ses rôles dramatiques, ses spectacles centrés sur de grands écrivains, en particulier Victor Hugo, et, évoquant le film réalisé par Pascal Bonitzer et écrit par Sophie Fillières, explique qu’il ne s’agit pas d’un biopic sur Victor Hugo comme on aurait pu s'y attendre. « Je n’ai pas envie de jouer des personnages historiques, ça m’ennuie. Et l’autrice a trouvé la solution pour parler d’Hugo tout le temps sans dire qu’on va faire un film sur Hugo ». La surprise est totale, la curiosité attisée, les spectateurs impatients, c'est aussi ça la magie du cinéma.

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