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Mot de passe oublié ?Le festival Premiers Plans ouvrait sa 38ème édition avec la projection en avant-première de Victor comme tout le monde de Pascal Bonitzer. Pour l’occasion, Fabrice Luchini, qui incarne le rôle principal, faisait son grand retour à Angers, où il avait présenté en 1978 Perceval le Gallois d’Éric Rohmer. « J’espère que ce ne sera pas la même situation, parce que c’était tellement complexe le film d’Éric Rohmer, c’était 2h20 d’octosyllabes, alors on voyait des grappes de gens se barrer de la salle. Les gens n’étaient pas aptes à apprécier l’octosyllabe », plaisantait l'acteur à ce souvenir. Et de rassurer la salle à propos de Victor comme tout le monde : « C’est beaucoup plus accessible. »
Victor comme tout le monde suit Robert Zucchini (ne pas confondre avec son interprète), acteur de théâtre et fan inconditionnel de Victor Hugo. Alors qu’il s’apprête à entamer une série de lecture de poèmes du célèbre auteur, Zucchini reçoit des nouvelles de sa fille, avec qui il a perdu contact depuis des années.
Luchini Zucchini. On connait Fabrice Luchini pour ses performances lectures en scène, notamment de textes de Victor Hugo. Le parallèle entre la fiction et la réalité se fait alors rapidement, d’autant que la ressemblance entre leurs noms est troublante. Luchini expliquait, devant le public de Premiers Plans, que la scénariste Sophie Fillières lui avait d’abord proposé un biopic sur Hugo. L’acteur aurait alors répondu « le biopic ce n’est pas mon truc du tout, je ne dis pas que ce n’est pas bien, mais ça m’ennuie de faire semblant d’être des personnages historiques. » Elle lui a donc proposé ce personnage de Zucchini, alter ego incertain qui crée une mise en abîme.
Les femmes de Hugo. Fait notable du film, Zucchini rencontre par hasard des amies de sa fille, et les invite à son spectacle sur Hugo. À la sortie, elles commentent leurs impressions, présentant à l'acteur des opinions plus modernes et féministes, bien éloignées de la sienne. Elles décident à leur tour de l’inviter à voir leur création, une pièce sur les femmes qui ont influencé la vie de Victor Hugo. Un parallèle se crée alors avec Zucchini qui, tout au long du film, est guidé par des femmes, qu’il s’agisse de son épouse (Chiara Mastroianni, Les enfants des autres), de sa fille (Marie Narbonne, Le Comte de Monte-Cristo), des amies de celle-ci (Suzanne de Baecque, Louisse Orry-Diquéro et Iris Bry), et même de la boulangère et sa nièce, enfin du fantôme de son amour passé. Le personnage, qui semble d'abord perdu, n’ayant d’yeux et d'intérêt que pour Hugo, sort peu à peu de sa bulle et prête plus attention au monde qui l’entoure.
Une lettre d’amour à Victor. Sans être un biopic, Victor comme tout le monde fait plusieurs parallèles entre l’auteur et son adulateur. Victor Hugo est très présent tout au long du film, par l’obsession de son protagoniste, mais aussi par les parallèles de leur vie. Zucchini se sert alors de poèmes de son idole pour communiquer avec le monde extérieur, ne semblant pas savoir trouver ses propres mots. Le film est un éloge, à la fois au théâtre, à Victor Hugo, et à Fabrice Luchini.
Victor comme tout le monde sortira en salles le 11 mars.