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Bénédicte Savoy : « Nos musées ont une offre publique liée à l’histoire coloniale »

par Véronique Giraud
Bénédicte Savoy, 2025 © Peter Rigaud
Bénédicte Savoy, 2025 © Peter Rigaud
Hors-Champs Société Publié le 02/03/2026
La restitution du patrimoine culturel africain est un sujet tabou en Europe. Le rapport commandé par le président Macron à Bénédicte Savoy et Felwine Sarr, livré en 2018, ne pouvait que soulever des crispations. Mais il a aussi enclenché un début de restitutions et ouvert un débat nécessaire. Entretien avec l'autrice.

Quels dommages ont engendré en Afrique sub-saharienne les déplacements d'œuvres d’art par le colonisateur ?

Dans le rapport que nous avons réalisé avec mon collègue sénégalais Felwine Sarr, c'était la première fois qu'une institution française essayait de mettre ensemble des chiffres et de regarder à quel moment étaient arrivées les pièces. Ces statistiques et la composition de ces collections montraient la congruence entre le moment où les pièces sont arrivées et la période coloniale.

En 2019, l'université à Berlin a permis de faire un focus précis avec ce qu'on appelle depuis le 20e siècle les arts du Cameroun. L'Atlas de l'absence est le premier répertoire de ce qui a quitté le Cameroun pendant la période allemande et qui est aujourd'hui dans les musées publics allemands. On arrive à 40 000 pièces du patrimoine camerounais ancien, et il s’agit uniquement des pièces qui ont survécu à la deuxième guerre mondiale. On a dans toutes les anciennes colonies un départ massif de culture matérielle. Pour la République démocratique du Congo, le musée Tervuren de Bruxelles a 86 000 pièces de ce qu'on appelle nous ici de l'art. Le musée du quai Branly en a 69 000 pour l'unité Afrique du Sud Sahara. Et quand on ajoute ce que nous indiquent les musées publics européens, on arrive à 1 demi-million de pièces d'Afrique du Sud Sahara dans les musées publics, c’est énorme. Chaque pièce arrivée d'un côté, laisse un trou de l'autre côté. On peut recréer mais les modèles de création sont partis. Le sentiment d'absence n'est pas précis parce qu'on n’a pas eu, jusqu'à une période récente, d'inventaire précis. C'est une douleur fantôme.

Ensuite, c’est une déconnexion de sa propre culture matérielle. Dans nos pays européens, l'héritage, l'enseignement de l'histoire et des traditions, passent par une vision matérielle. Tout ça n'est pas là en Afrique. Ça a créé des disruptions politiques. On le voit avec la signature récente de la restitution du tambour parleur Djidji Ayôkwê confisqué à la Côte d'Ivoire en 1916. Ce sont souvent des objets de pouvoir qui ont été pris, c'est-à-dire des objets royaux qui ont empêché ensuite des successions. Sans trône, sans couronne et sans sceptre, on ne peut pas introniser le prochain roi, tout ça est très bien documenté. Ça a fragilisé certaines sociétés de ne plus avoir ce qui leur servait de repères car ce que dans nos pays on appelle des objets ou objets d'art, ce sont des agents qui agissent sur les sociétés, les organisent, servent à caler des saisons, des rituels, etc. Tout ça étant perdu, ça a disloqué des ordres sociaux.

Tout ça a aussi une charge symbolique. La culture n’a pas été détruite, mais elle a été déplacée pour le bénéfice d'autres qui y ont accès et en ont tiré d'autres récits. Chez certains ça crée une colère face aux fins de non-recevoir donnés aux demandes de restitution depuis les indépendances.

 

Dans le rapport vous préconisez un programme de restitution pérenne, et non temporaire. En quoi consiste-t-il ?

Quand nous avons été chargés de ce rapport en 2017, le sujet était tabou. Maintenant c'est un sujet dont tout le monde parle. C'était un sujet enveloppé de refus ou des fins de non-recevoir européens. Dans notre lettre de mission, Emmanuel Macron parlait de restitution temporaire ou définitive. Or des restitutions temporaires ça n’existe pas, ça s'appelle des prêts. Donc, il s'agissait bien de restitutions définitives. Restituer veut dire rendre les titres de propriété, ceci quand les pièces avaient été prises dans un contexte de non consentement avéré. Non pas rendre 69 000 pièces du jour au lendemain, mais répondre oui quand des demandes de restitution arriveraient, et d'en parler. Pour moi qui suis historienne, le vrai enjeu c'est de parler de ces sujets-là, de ne pas les laisser sous une chape de plomb. Donc en 2018 le rapport a eu un impact considérable en France et hors de France. C'est ce qui a mis en route les restitutions de l'Allemagne, des États-Unis, etc.

Ensuite on proposait un cadre juridique, avec des listes d'œuvres prises dans des conditions avérées de non consentement, ou dans des contextes de pillage. Des réserves ont été formulées. Selon le quai Branly, notamment, tout n'avait pas été volé, et le musée a décidé de faire une contre-enquête. La conclusion est que même la mission scientifique Dakar Djibouti a été habitée de violences symboliques et réelles à l'égard des populations à qui on a retiré leur patrimoine. Entre temps se sont mis en route des universitaires, des politiques, des musées, disant en effet que pour beaucoup de ces œuvres d'art que nous avons admirons, dont on les Européens ont hérité collectivement, on a le droit et le devoir de se poser la question de cet héritage difficile. C'est la première fois que ça se disait clairement.

 

Donc la restitution pérenne n’a pas été suivie de faits

Ça a été suivi de faits pour certaines demandes. Celle de la République du Bénin, qui avait été soit ignorée soit refusée par les gouvernements français successifs, soit en 2016 parce que le patrimoine en France était inaliénable, imprescriptible. On ne pouvait même pas évoquer la question. Il y a donc eu un énorme changement, une brèche dans ce qu'on pourrait appeler le mur du non, et 2 tonnes et demie de patrimoine monumental béninois ont été rendues deux ans après. Le soir même de la remise du rapport, Emmanuel Macron l’a annoncé et les 26 objets ont été restitués physiquement. Le Bénin est désormais le seul pays d'Afrique au Sud du Sahara qui permet d'observer les effets de ces retours. L'autre événement dans la suite de l'initiative française a été la restitution par l'Allemagne des titres de propriété de plus de 1 000 pièces de ce qu'on appelle les « bronzes du Bénin » qui viennent de l'actuel Nigeria, mais pour le moment ces pièces n'ont pas été restituées physiquement.

En fait le seul pays où on peut voir ce que ça fait à la société, à la population, aux générations, aux enfants, aux grands-parents, etc., c'est le Bénin, et l'effet est très impressionnant. D'autres pays sont en route.

 

Au Sénat, en janvier, un projet de loi cadre stipule que l’inaliénabilité pouvait se discuter au cas par cas, c’est un petit pas…

Mais le fait que le Sénat l’a déjà adoptée, l'Assemblée nationale aussi en première lecture, le fait que c'est la troisième loi cadre, après la loi sur les biens juifs et la loi sur les restes humains, fait espérer qu'elle passera. Ce n'est pas une loi pour tout restituer, c'est une loi pour le permettre dans certains cas en levant leur inaliénabilité ou, pour les gens des musées, les radier de l'inventaire. Moi je trouverais plus intéressant de mettre une mention qui rappelle que les pièces ont été pendant 130 ans chez nous. Radier, c'est oublier. Or le but des restitutions n'est sûrement pas de radier la mémoire, ni s'autoflageller, c'est créer des conditions de relation meilleure pour l'avenir entre les pays anciennement colonisés sur le plan culturel. C'est un projet d'avenir.

 

On objecte l'instabilité politique de nombreux pays, la menace des groupes islamistes, des budgets culturels insuffisants, des conditions de conservation incertaines. Comment faire face à ces objections ?

Ces objections ont été beaucoup formulées. Certaines se sont estompées depuis 2018. L'Afrique est un continent de 56 pays dont les conditions sont extrêmement différentes d'un État à l'autre, y compris des conditions de budget et de mise en valeur de la culture. Depuis 2018, a été créé par exemple le grand musée des civilisations noires à Dakar, entièrement financé par la Chine. Le Bénin est sur le point d'inaugurer quatre musées pour accueillir les pièces restituées et d'autres collections. Le Nigeria a un grand projet muséal avec le British Museum et les musées allemands. Tout ça est en train de bouger.

Que fait-on de l'instabilité politique ? On peut peut-être rappeler qu’elle n’est pas le seul fait des pays africains. Les vols, l'insécurité des pièces, la mauvaise condition de garde, on a vu au Louvre ces derniers temps que ce n'est pas l’apanage des pays africains. J'ai tendance à rappeler qu’aucun pays, surtout quand je repense à la période napoléonienne que j'ai beaucoup étudiée, ne crée pas des musées et des institutions solides tant qu'il n'a pas de patrimoine. Personne ne va faire un musée pour rien. Quand toutes les œuvres du roi de Prusse étaient à Paris, Berlin n'a pas eu l'idée de se créer un musée. Il a été créé à partir des restitutions des collections du roi, et Berlin a mis 15 ans à l’imaginer. Ces choses se font quand le patrimoine est là. Donc c'est très facile de dire qu’ils n'ont pas les conditions nécessaires, en même temps ils n'ont pas les collections, ils ne se mettent pas à penser à ça.

Dès le moment des indépendances, était prévue la résolution 1514 de l'ONU 1960 (déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux) qui dit que l'impréparation des institutions ne doit pas être un prétexte pour retarder les indépendances. Dire « Ah mais ils n’ont pas de musée ! » ne doit pas être un prétexte, il faut d'abord qu'ils aient quelque chose pour les construire. Et c'est fascinant de voir que le Bénin, à partir du moment où il a reçu ses œuvres, a créé une loi d'inaliénabilité pour son propre patrimoine. Et surtout, il constitue des collections d'art contemporain qui dans 15-20 ans deviendront des collections anciennes. Toute une dynamique s'est mise en place autour de ces retours. C'est ça les restitutions. Elles sont aussi un point de départ pour l'avenir.

S’agissant de la circulation entre les musées, tout le monde sait que si le Louvre prépare une exposition sur Léonard de Vinci et que la direction du Louvre appelle la direction des musées du Vatican et lui dit « Dans 4 ans, nous aurons une exposition Léonard de Vinci, on voudrait emprunter ceci, cela. La personne au bout du fil va dire « Bonne idée, nous-même on a une exposition Raphaël dans six ans, on aimerait emprunter La belle jardinière. » C'est comme ça que ça se passe. Les pays anciennement colonisés, eux n'ont rien à mettre dans le marché. Ils ne peuvent pas entrer dans le réseau des grands musées tant qu'ils n'ont rien. On aura certainement cette situation dans quelques années. Jusqu'à maintenant, quand des pièces africaines sont prêtées entre Paris, New York, Paris, Tokyo et autres, on n'a jamais demandé aux pays africains. C'est pour ça que c'est important qu'ils aient au moins des noyaux patrimoniaux pour rentrer dans le jeu de ces grands musées internationaux et être pris au sérieux.

 

La visibilité par tous, comme on peut le faire dans un musée européen, c’est donc remis à plus tard ?

C'est vrai qu'il faut être patient. Pour moi le meilleur exemple c'est Berlin qui récupère ses œuvres, et mettra 15 ans à créer un musée. On n'invente pas un musée à partir de rien. De l'autre côté, nos promesses d'accessibilité radicale sont réelles pour les Parisiens et pour tous ceux qui peuvent se permettre soit d'aller au Louvre, soit d'obtenir un visa pour venir à Paris et acheter un ticket. Ce sont des musées publics, et c'est bien. En revanche c'est très hypocrite de considérer que parce que les choses sont accessibles à Londres, Paris ou Berlin, elles sont accessibles au monde entier. Elles sont accessibles aux populations qui vivent près de ces endroits, des populations de la diaspora, des enfants africains, etc. Bien sûr pour eux, c'est important d'avoir aussi une partie de leur patrimoine à cet endroit-là. En revanche, c'est important de mettre le doigt sur cette hypocrisie qui consiste à dire : nos musées ont un accès et une offre universels pour un public universel. Non, ils ont une offre publique liée à l'histoire coloniale.

En 2005, l'Europe s'est donné un droit d'accès au patrimoine pour tous les Européens et Européennes. C'est très beau mais égoïste. On ne peut pas garder un demi-million de pièces du continent africain. Sur les 69 000 pièces du quai Branly, seules 1 000 sont exposées. À Berlin, 5000 pièces du Cameroun sont en réserve, 144 exposées. Non seulement on a tout mais on ne le montre pas, on ne le publie pas, on ne fait pas de travaux dessus.

Pourquoi et pour qui garde-t-o, tout ça ? C'est la question qu'il faut se reposer au 21e siècle et qu'on a commencé de se poser en 2018. Le moment du partage est venu. Ce n'est pas du tout révolutionnaire. On n'est pas là avec un couteau entre les dents en train de dire que les musées doivent être brûlés ou je ne sais quoi. C'est juste le bon sens. On a accumulé au 19e siècle dans une idéologie de suprématisme européen qui n'existe plus. Maintenant il faut collectivement, puisqu'on est les héritiers de cela et que les musées sont destinés à garder et à rendre pérennes les œuvres, à les conserver, que ces œuvres ne meurent pas.

 

Le suprématisme n'est plus, par contre l’universalisme qui a fondé l'UNESCO, fondé le musée du Louvre après la Révolution française, est peut-être remis en cause. Qu’en pensez-vous ?

Pour avoir travaillé pendant 2 ans sur le livre qui vient de sortir, 1815 le temps du retour, en replongeant dans les sources de la Révolution française et de l'Empire, on voit que le terme d'universalisme appliqué au musée n'existe pas. À l’époque on parle d'univers, de Paris capitale de l'univers, du Louvre plus beau musée de l'univers parce qu'il parle du monde entier. Ce qu'on retrouve dans les discours sur les musées, ce n'est pas le terme d'universalisme, c'est le terme de totalité. On veut réunir tous les moyens de l'instruction et du savoir, toutes les choses des arts, tout ce qui est utile à la République. Et on veut le réunir à Paris pour toutes et tous, et pour toutes les générations. On rassemble tout et on le rend accessible à tout le monde. Mais la Révolution française n'a pas initié le terme universalisme. Il n’y a pas de musée universel.

Le concept de musée universel naît en 2002 avec la déclaration sur la valeur des musées universels, une déclaration pensée par le British Museum et signée par les grands musées du monde, et c'était déjà une réponse négative aux demandes de restitution.

L’universel, valeur très positive pour les Français, a été réinventé en 2002 pour lutter contre les demandes de restitution alors que le projet de 1800 est plutôt un accès radical à toutes et tous. L’avocat théoricien du musée, Boissy d'Anglas, dit que Paris va devenir la capitale de l'univers, exercer sur les autres, sur le monde. Cet empire irrésistible de l'instruction et du savoir. Point. C'est la France qui décide que ça intéresse tous les peuples et toutes les générations. Eh bien non ! Au même moment vous avez Goethe, les frères Grimm, Casanova en Italie, d'autres intellectuels, le pape, etc. qui disent : Oui, c'est bien de rendre accessible, sauf que pour nous c'est nous vider de notre âme. Donc voilà, c'est ma réponse à la question de l'universalisme telle qu'elle est posée en 2026, qui est une pseudo rhétorique révolutionnaire. Et que des gens qui ne connaissent pas les sources aiment bien utiliser pour manipuler, pour valoriser le musée.

 

Peut-il y avoir un élan européen de restitution ?

La France aurait vraiment voulu qu'il y ait un élan européen quand elle a donné le signal de départ. Le discours d'Emmanuel Macron à Ouagadougou, puis le rapport qu'il nous a confié, ont fait comme une boule de billard qui a touché plein d'autres boules. À ce moment-là, oui, c'était agressif. La France, avec son ambassadeur pour les restitutions Jean-Luc Martinez, qui fut président du Louvre, a tenté beaucoup de discussions pour en faire un mouvement européen, ça a beaucoup résisté. Pourquoi ? Mon analyse, c'est que la colonisation, ça a été un projet européen qui s'est fait non pas à l'échelle européenne mais par la rivalité des différents États européens.

Vous aviez l'Allemagne contre l'Angleterre, contre la France, contre la Belgique. Et il m'a semblé en voyant les résistances au niveau européen que le détricotage de cette période coloniale ne pouvait se faire que de manière nationale. Ce qu'on a défait individuellement, on est incapable de le mettre ensemble, d’avoir une politique de décolonisation.

Quand on construit l'Europe sur des non-dit, sur des tabous historiques, sur le fait que pendant des décennies on n’a pas parlé des biens spoliés aux familles juives, y compris en France par les collaborateurs français, etc., on ne peut pas construire des états puissants sur des mensonges historiques, et la colonisation liée à la question des musées en a été un. Je suis une européenne convaincue, j'ai passé 30 ans à Berlin, mes enfants sont des Européens vaincus, c'est très triste de voir ces blocages. Par exemple quand on a remis notre rapport avec Felwine, rapport qui n'est pas du tout un texte sauvage, c'est un texte universitaire très calme, les réactions qu'il a suscité en France, uniquement en France d'ailleurs, étaient si violentes qu'on se dit si on n'est pas capable de parler de ça, ce n'est pas étonnant qu'on se radicalise au point d’avoir un mort à Lyon, avec des extrêmes parce qu'on est incapable de parler des sujets qui sont difficiles et il faut y aller.

Quand on vit en Allemagne, on sait que parler des sujets difficiles c'est une des conditions pour qu’une démocratie se maintienne. C'est vraiment très dommage pour l'Europe. Mais il y a encore, et des deux côtés, européen et africain, des gens qui ont une volonté de dialogue autour de ces questions raisonnables, qui ne sont pas partisans de faire n'importe quoi, de mettre en danger les œuvres, etc. On va continuer mais c'est dommage que ça suscite tant de résistance en France.

 

Historienne de l’art, Bénédicte Savoy enseigne à l’université technique de Berlin, où elle est titulaire de la chaire « Histoire de l’art comme histoire culturelle ». Elle a occupé la chaire internationale Histoire culturelle des patrimoines artistiques en Europe, XVIIIe – XXe siècles au Collège de France de 2016 jusqu’à 2021. Elle a rédigé avec Felwine Sarr le rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain. Autrice de Objets du désir, désir d’objets (Fayard, 2017), Restituer le patrimoine africain (avec Felwine Sarr ; Seuil/Philippe Rey, 2018), Le long combat de l’Afrique pour son art (Seuil, 2023), et 1815, le temps du retour (Éd. La Découverte, 2026).

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