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Mot de passe oublié ?Les fans de séries connaissent bien Simon Helberg, rendu célèbre pour son rôle de Howard Wolowitz dans The Big Bang Theory. L'acteur était sur la scène du festival Séries Mania, au côté de Billy Magnussen, pour la promotion de la série créée par Jonathan Glazer, The Audacity, qui faisait son avant-première internationale à Lille le soir même. Au cours d’une masterclass, organisée samedi 11 mars, Simon Helberg est revenu sur sa carrière. Sa voix française, Yoann Sover, était dans la salle et les deux interprètes de Howard se sont retrouvés sur la scène. « Je suis désolé que tu aies passé autant d’heures à me regarder et à m’étudier » plaisantait Helberg en s'adressant à l'interprète français.
Des débuts laborieux. Après avoir quitté le conservatoire Simon Helberg a passé plusieurs auditions. Cela ne lui a pas réussi, confie-t-il au public. Il a d’abord rejoint un groupe de comiques en stand-up, dont Derek Waters (Drunk History) avec qui il a créé la web-série Derek and Simon : The Show. Elle n’a pas eu un franc succès, mais la série a vu passer des acteurs dont certains sont devenus célèbres, comme Michael Cera (Juno), Bill Hader (Ça : Chapitre 2) ou encore Jake Johnson (New Girl). « C’était comme Girls mais pour les hommes. Je ne dis pas que c’est nous qui avons inspiré Girls, mais bon… » plaisantait Simon Helberg à Séries Mania. C’est en 2006 qu’il obtient enfin un rôle récurrent dans la série Studio 60. Son créateur, Aaron Sorkin, avait adoré son audition et il a écrit le personnage Alex Dwyer pour lui. Cette opportunité a permis à Simon Helberg d'enfin montrer à un plus large public son talent en comédie, surtout celui d’imitateur, auquel il s'est très tôt essayé au lycée en imitant ses professeurs pour les faire rire et faire rire les autres élèves. « Ce fut un autre échec, la fois où j’ai pensé que ma vie allait changer du tout au tout grâce à ça alors que non » expliquait l'acteur, qui avait d’abord auditionné pour un rôle principal dans la série.
The Big Bang Theory. Studio 60 a failli lui coûter son succès. En effet, au cours de la seconde saison de la série, les créateurs de The Big Bang Theory lui ont proposé d’auditionner, mais l'acteur ne se rend pas à l'audition car il a trop fait de pilotes de série qui n’ont jamais vu le jour et très heureux d’avoir trouvé un emploi stable. Le premier pilote de The Big Bang Theory ne verra jamais le jour, mais lorsqu’une seconde version est créée, les directeurs de casting rappellent Simon Helberg et insistent pour qu’il auditionne. Il contacte alors Aaron Sorkin pour lui demander s’il peut passer cette audition, ce que le créateur l’encourage à faire. Il le rassure en lui disant qu’il y aura toujours une place pour lui dans Studio 60 si le projet n’aboutit pas. Il aboutira toutefois puisque The Big Bang Theory s’inscrit dans l’histoire des séries comme une des plus longues sitcoms, avec 279 épisodes en 12 ans, et une série préquelle, Young Sheldon. Évoquant son personnage de Howard Wolowitz, Simon Helberg confie : « Je me connecte avec son côté performateur, mais la confiance en soi était plutôt amusante à imiter. » Contrairement à ce que beaucoup de fans de la série pensent, l’acteur précise : « Il n’y avait aucune improvisation, j’insiste vraiment là-dessus. Chaque mot était écrit. » Les scénaristes s'inspiraient cependant des acteurs pour écrire, et les nombreuses répétitions rendaient la série très naturelle. La sitcom était tournée devant un public d’environ 300 personnes, et s'il ne réagissait pas comme prévu, la scène était immédiatement réécrite. Quant au personnage de Howard, il fut très facile à trouver pour Simon Helberg, il le trouvait très amusant à incarner, « et ce sont les vêtements qui décidaient si je pouvais croiser les jambes » plaisantait-il. Questionné sur la fin de la série, l’acteur a expliqué : « C’était triste de fermer ce chapitre, mais il était temps. Je ne pense vraiment pas qu’on aurait pu faire plus. »
Une carrière riche. En 2014, Simon Helberg est passé derrière la caméra avec We’ll Never Have Paris, qu’il écrit et co-réalise avec sa femme, l’actrice Jocelyn Towne. Il y joue également le premier rôle, mais avoue : « si je devais réaliser à nouveau, je ne jouerais pas dedans. Sinon il n’y a plus personne à accuser ». Leur directrice de casting s’occupant en même temps des auditions pour Florence Foster Jenkins, elle lui offre l’opportunité de jouer aux côtés de Meryl Streep et Hugh Grant. Il y incarne le musicien Cosmé McMoon, jouant les morceaux de classique qu’il avait appris pour le film en live. Un rôle idéal pour un acteur qui a d'abord rêvé d'être musicien, son apprentissage dans ce domaine l’a beaucoup aidé, tout comme pour celui du chef d’orchestre dans Annette de Leos Carax, avec Marion Cotillard et Adam Driver. Simon Helberg a raconté au cours de sa masterclass qu’il avait menti pour jouer dans ce film, prétendant qu’il était en pleine démarche pour obtenir la nationalité française, point sur lequel l’équipe de casting était intransigeante. Sa femme Jocelyn Towne ayant la nationalité française, il a fait la demande officielle de naturalisation et a aujourd’hui la double nationalité, américaine et française. Il riait en se rappelant avoir failli échouer à la dernière question qui portait sur Napoléon, car les termes « chapeau noir » et « petit homme » lui ont d’abord fait penser à Charlie Chaplin. Du tournage avec Leos Carax, il confiait : « C’était comme si on faisait un projet pour l’université, on le faisait par amour pour le cinéma. » Ajoutant que le réalisateur, très méticuleux, revenait sur les scènes en disant : « là, tes cheveux ont bougé d’une certaine manière. Je n’aime pas ça. »
Un avenir prometteur. Jouant un des personnages principaux de la série The Audacity, qui faisait son avant-première internationale à Séries Mania, Simon Helberg se dit heureux d'interpréter des rôles différents de ceux qu’il a fait auparavant, et vouloir sans cesse se surpasser. Dans The Audacity, il est un génie de l’informatique qui n’a plus de succès et cherche à créer une intelligence artificielle qui tiendrait compagnie aux adolescents, négligeant sa propre fille sans s’en rendre compte. Il trouve intéressant dans cette série que les personnages soient imparfaits, qu'ils cherchent tous à être efficaces, en oubliant les connections humaines : « On essaie toujours de trouver le bon en eux. Il faut aussi laisser le personnage nous dire qui il est. » Une seconde saison ayant été confirmée, Simon Helberg disait de son personnage naviguant dans l'univers impitoyable de la tech : « J’ai hâte de plus le découvrir, et de mieux apprendre à le connaître. »
The Audacity. Création et scénario Jonathan GLATZER
Réalisation Lucy FORBES
Musique Danny BENSI, Saunder JURRIAANS
Avec Billy MAGNUSSEN, Sarah GOLDBERG, Zach GALIFIANAKIS, Lucy PUNCH, Simon HELBERG, Rob CORDDRY, Meaghan RATH, Paul ADELSTEIN, Everett BLUNCK, Thailey ROBERGE, Ava Marie TELEK.