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Mot de passe oublié ?Après avoir travaillé sur des séries à succès comme Succession ou Better Call Saul, Jonathan Glatzer a décidé d’entièrement créer et écrire sa propre série, The Audacity. Réalisée par Lucy Forbes, qui nous a offert The End of the F***ing World et This Is Going to Hurt, la série promet une esthétique hors du commun et une histoire atypique. Pour l’avant-première internationale des deux premiers épisodes de The Audacity à Séries Mania, Lille accueillait les acteurs Bill Magnussen (Game Night) et Simon Helberg (The Big Bang Theory). Ce dernier donnait également une masterclass un peu plus tôt dans la journée.
The Audacity suit un groupe d’habitants de la Silicon Valley, dont les relations entremêlent leur cupidité et leur soif de pouvoir. Les dialogues, à la fois comiques et dramatiques, magnifiquement portés par les acteurs, tiennent le public en haleine, et les spectateurs de Série Mania ont déjà hâte de découvrir les épisodes suivants.
Un problème de connexion. Les personnages essaient tous de se sentir moins seuls, plus connectés, mais, à l'instar de Duncan (Magnussen) qui tente de manipuler sa psychologue (Sarah Goldberg, Barry), ils s’y prennent de la pire manière possible. Les personnages ont tous des enjeux en commun, mais chacun ne veut voir que ses propres problèmes et les pense plus important que ceux des autres. Tous se sont laissés embarquer dans le rythme de la Silicon Valley, auquel ils n’ont pu survivre qu’en gonflant leur égo, mettant de côté leur morale. « Ils essaient de tout faire à la perfection, mais sont eux-mêmes imparfaits » disait Billy Magnussen lors de la rencontre qui a suivi la projection. Le titre, The Audacity, résume bien le comportement de ses personnages et Jonathan Glatzer parvient à apporter une profondeur à ces portraits satiriques, sans en faire des parodies. Cela permet au public de s’attacher à ces figures outrageusement détestables. « Votre unicité est ce qui vous rend spécial et… oui, les gens me donnent de l’espoir » déclarait Billy Magnussen.
Chacun sa bulle. Les personnages sont également aveugles aux problèmes de leurs enfants qui, adolescents, se trouvent livrés à eux-mêmes, sans figure parentale responsable. L’exemple parfait en est Martin, interprété par Simon Helberg, qui crée une intelligence artificielle visant à ce que les adolescents se sentent moins seuls, alors que lui-même néglige sa propre fille. « Je pense que c’est une excellente métaphore pour montrer combien ces gens ne voient même pas ce qui est juste sous leurs yeux » partageait l’acteur. Lili, incarnée par Lucy Punch (Ella Enchanted), essaie quant à elle de trouver les moyens de façonner sa fille sans lui laisser une chance de découvrir qui elle est vraiment. Elle contrôle ce que sa fille mange, ses activités, cherche même des stratagèmes pour lui faire réussir ses examens sans chercher à savoir si elle est assez intelligente pour y parvenir d’elle-même. Les enfants subissent les mauvais choix de leurs parents, alors qu’ils n’ont pas demandé à faire partie de cet environnement. « Les enfants sont le seul espoir de la série, » observait Billy Magnussen. En effet, eux seuls voient le revers de cette vie sur leurs parents et ont la possibilité ne pas reproduire leurs erreurs.
Avant même la sortie de la saison 1, qui n’a pas encore trouvé de distributeur en France, une seconde saison a été confirmée.