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« Dear Killer Nannies », pour ne pas répéter l’histoire de Pablo Escobar

par Élisabeth Pan
Sebastián Ortega, Sebastian Marroquin, Janer Villareal et Juanita Molina pour l'avant-première mondiale de Dear Killer Nannies à Séries Mania
Sebastián Ortega, Sebastian Marroquin, Janer Villareal et Juanita Molina pour l'avant-première mondiale de Dear Killer Nannies à Séries Mania
Sebastián Marroquin et Sebastián Ortega émus à la projection de Dear Killer Nannies en avant-première mondiale à Séries Mania
Sebastián Marroquin et Sebastián Ortega émus à la projection de Dear Killer Nannies en avant-première mondiale à Séries Mania
Cinéma Série Publié le 25/03/2026
Fils de Pablo Escobar et sujet principal de la série "Dear Killer Nannies", Sebastián Marroquin en est le co-créateur avec Sebastián Ortega. Tous deux étaient à Lille avec les acteurs Janer Villareal et Juanita Molina pour l'avant-première mondiale à Séries Mania.

Dear Killer Nannies, série Disney+, suit le fils du "roi de la cocaïne", Pablo Escobar, depuis son enfance entourée de mafieux jusqu'à son échappée après la mort de son père. Aujourd’hui architecte et auteur, connu sous le nom Sebastián Marroquin, il a cocréé la série avec Sebastián Ortega (Journal d’un gigolo). Tous deux étaient présents lors de l’avant-première mondiale à Séries Mania, accompagnés des acteurs Janer Villareal et Juanita Molina (Medusa).

 

Empêcher que l’histoire se répète. Au fil des ans, Juan Pablo Escobar Henao a eu de nombreuses propositions pour adapter le récit de sa jeunesse, mais c’est son ami Sebastián Ortega qui a fini par le convaincre. « Il m’a permis de raconter mon histoire sans glorifier les activités de mon père » confiait-il devant le public de Lille. « Les autres se sont concentrés dans la consécration de mon père en tant que criminel. » Ces versions donnent l’impression aux jeunes qu’être hors la loi est synonyme de liberté, un message que l’architecte tenait à discréditer. Il rassurait ainsi une spectatrice colombienne : « Je te donne ma parole qu’aucun jeune qui verra tous les épisodes n’aura envie de répéter l’histoire de mon père ». Le cocréateur souhaitait partager ses souvenirs à l’écran, comme une prévention pour empêcher l’histoire de se répéter. Ce qui différencie ce biopic des autres c'est qu’il est « raconté du point de vue d’un enfant qui s’est rendu compte très tôt de qui était son père » expliquait Sebastián Ortega, qui racontait avoir été surpris par Medellín, une ville aujourd’hui très pacifique : « ils ont appris des erreurs d’Escobar ». L'actrice Juanita Molina y a grandi, elle a vu les dégâts causés par cette mafia. « En tant que Colombienne, je porte l’histoire laissée par ce narcotrafic » témoignait-elle, tout en admirant qu’au milieu de cette violence se trouve autant d’amour, preuve que l’humanité peut se trouver partout.

 

Acteur de sa propre histoire. Le projet n’a été montré à Sebastián Marroquin qu’une fois complètement écrit. Il a donné ensuite son point de vue sur les anecdotes rapportées, et de là est venue l’idée de l’intégrer à la série. C'est sa propre voix off qui narre le récit. Janer Villareal, qui interprète Pablo à 15 ans, a fait énormément de recherches et posé beaucoup de questions pour s'en inspirer et construire son jeu. Pour satisfaire la curiosité de l’acteur, Sebastián Marroquin a dû chercher dans des souvenirs lointains, partager des choses qu’il n’avait jamais dites depuis bien longtemps. « Il a réussi à m’arracher beaucoup de larmes, en m’incarnant », confiait-il.

 

Violence et humanité. Des vidéos filmées par Sebastián Marroquin à l’époque ont permis aux scénaristes de reconstituer les événements, et la caméra du jeune Escobar est devenue un élément majeur de la série. Dear Killer Nannies ne reproduit cependant pas exactement sa vie, certaines parties sont romantisées. Alors qu'elles sont six dans la série, en réalité une cinquantaine de nounous ont défilé dans la demeure des Escobar au fil des ans. « J’ai été élevé par des Sicarios, les pires criminels de mon pays, mais aussi mes meilleurs amis, qui ont tous donné leur vie pour moi », disait Sebastián Marroquin. Les scénaristes ont condensé ces figures en une poignée de personnages pour la série. Hommes et femmes se relayaient pour protéger l’héritier de l’empire Escobar. « Je me souviens très bien que mon père donnait les missions les plus dangereuses aux femmes » a-t-il confié, « il y avait autant de tendresse que de violence en elles ».

 

Sebastián Marroquin a fait la paix avec ceux qui voulaient sa mort il y a 33 ans. « Aujourd’hui, je ne suis plus une menace pour personne, » rassurait-il, « Parce que nous, les colombiens, on n’en peut plus de la guerre. » Il paraphrasait Karl Marx pour le public de Séries Mania : « Un peuple qui ne connaît pas son histoire est condamné à la revivre ». Dear Killer Nannies sortira le 1er Avril sur Disney+.

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