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Mot de passe oublié ?7ème ville de France, dans une métropole de près 550 000 habitants dont la moitié de la population est diplômée de l’enseignement supérieur, Montpellier possède un public à faire rêver tout responsable culturel. Ses festivals, tous nés dans les années 80 de la volonté d’élus locaux. La Comédie du livre en mai est suivie du Printemps des Comédiens, de Montpellier Danse et de Radio-France. Littérature, théâtre, danse contemporaine et musique sont ainsi célébrés chaque année pendant trois mois. Ces événements sont nés sous l’impulsion du maire d’alors, Georges Frêche, à l’exception du Printemps des Comédiens puisque c’est le Département de l’Hérault, avec son président Gérard Saumade, qui a pris en charge sa création il y a quarante ans.
La mairie, La métropole, le conseil départemental, l’État à travers la DRAC, financent aujourd’hui cet héritage de la décentralisation. « L’essentiel des moyens sont encore concentrés à Paris, constate Michaël Delafosse, l’inégalité est encore très forte, et c’est parce qu’il y a l’engagement des collectivités territoriales que nous tenons ». Le Printemps des Comédiens, dont c’est la 40e édition, fait désormais partie de l’EPCC, Cité européenne du théâtre. Le processus administratif privilégiant les prérogatives des élus sur l’intérêt public.
« Le fait d’être passé d’une histoire quelque peu concurrentielle à quelque chose de beaucoup plus coopératif, c’est à la fois exemplaire dans le partenariat entre les collectivités et l’État, et c’est aussi pour ça que l’État a commencé à contribuer au financement du festival, dans une logique du mieux produire mieux diffuser, portée par Christopher Miles. L’idée est de développer la production et de permettre à la production une diffusion la plus large possible » explique Marc Daniel, directeur adjoint de la DRAC Occitanie, qui souligne que les festivals sont des espaces majeurs de créations et de productions, et qu’ils sont des temps forts de rencontres avec le public parfois plus dynamiques que les lieux ou les saisons comme le confirment des études. L’évolution du Printemps des Comédiens, avec des artistes majeurs de la scène internationale, a conduit l’État à financer le festival de façon plus importante. Cette année encore la présence de Wouajdi Mouawad, Krzysztof Warlikowski, Angelica Liddell, Emma Dante, Marina Otero, Guillermo Cacace, témoignent de cette filiation et l’ouverture européenne tracée par Jean Varela.
C’est 40e édition marque un héritage mais aussi une transition, puisqu’un appel a été lancé pour désigner le prochain directeur artistique de l’EPCC après que Jean Varela, qui fut pendant vingt ans directeur artistique du festival, soit parti l’an dernier. Éric Barth, qui le seconde depuis cinq ans, assure la bonne marche de l’édition 2026 et s’est porté candidat. Courant juin, un jury déterminera le choix d’un nouveau projet artistique. « Les politiques culturelles sont malmenées dans notre pays, avec des restrictions massives de budget », estime Delafosse, désignant Christelle Morançais et Laurent Wauquiez, qui président respectivement la région Pays de la Loire et Auvergne-Rhône-Alpes. « L’alternance qui a eu lieu lors des élections municipales va rendre la vie difficile pour beaucoup d’artistes. Notre devoir est de tenir ». Les compagnies de la région, les artistes qui s’y sont formés, de Marion Aubert à Hélène Soulié et Marion Coutarel, le partenariat historique du festival avec l’ENSAD, marqué par la direction et l’enseignement d’Ariel Garcia Valdès, le Printemps des collégiens, la Bulle Bleue sous la houlette de Nicolas Heredia, le tissu local se fond dans la programmation internationale du festival.