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Circulation(s) : Voyage en Irlande pour la 16ème édition

par Élisabeth Pan
Hall du CENTQUATRE-PARIS lors du Festival Circulation(s).
Hall du CENTQUATRE-PARIS lors du Festival Circulation(s).
Exposition Homemade Undercuts de Ellen Blair au festival Circulation(s)
Exposition Homemade Undercuts de Ellen Blair au festival Circulation(s)
Clodagh O'Leary expose Who Fears to Speak au festival Circulation(s)
Clodagh O'Leary expose Who Fears to Speak au festival Circulation(s)
Photos de Dónal Talbot pour son exposition Becoming au festival Circulation(s)
Photos de Dónal Talbot pour son exposition Becoming au festival Circulation(s)
Exposition au festival Circulation(s) de Bloordroot and Foxglove par Ruby Wallis
Exposition au festival Circulation(s) de Bloordroot and Foxglove par Ruby Wallis
Arts visuels Photographie Publié le 23/03/2026
Le festival de la jeune photographie européenne Circulation(s) présente cette année sa 16ème édition. Le CENTQUATRE-PARIS accueille des photographes de toute l’Europe du 21 mars au 17 mai. Le focus se fait cette année sur l’Irlande.

Du 21 mars au 17 mai, le CENTQUATRE-PARIS accueille le festival de la jeune photographie européenne. C’est l’occasion pour les visiteurs de découvrir de artistes et pour ces derniers de gagner en visibilité. Depuis 2021 sous la direction artistique du collectif exclusivement féminin Fetart, le festival Circulation(s) se renouvelait en partie cette année, ajoutant trois nouvelles membres à son équipe. Chaque année, un pays est mis à l’honneur, et la 16ème édition de Circulation(s) fait son focus sur l’Irlande avec les photographes Ellen Blair, Clodagh O’Leary, Dònal Talbot et Ruby Wallis.

 

Ellen Blair présente Homemade Undercuts. Les divers styles capillaires permettent à tous de s’affirmer et de s’exprimer politiquement depuis toujours, étant symboles de classe sociale, de genre, et de culture, permettant de se conformer ou de détourner les normes sociétales. Ellen Blair explore dans cette exposition la communauté queer à-travers les coupes de cheveux. Elle explique avoir remarqué dans son entourage l’utilisation de ces stylisations comme expression de genre et de sexualité. La photographe belfastoise a alors pris ses proches en photos lors de sessions de coupes et teintures entre eux. En effet, la plupart des salons de coiffures étant ou trop chers ou trop hostiles envers les membres de la communauté queer, la plupart préfèrent créer ces moments de partage, afin de se sentir dans un espace sain et dénué de tout jugement. En se rasant, coupant, ou teignant les cheveux, chacun peut alors se sentir plus libre, et montrer au monde extérieur à la fois qui ils sont et combien il est agréable d’être en accord avec soi. Les cheveux sont notamment un moyen pour les personnes transgenres de se sentir mieux dans leur peau plus rapidement que les hormones et les opérations. Ellen Blair a également organisé une performance lors du vernissage de l’exposition, en faisant venir des coiffeurs bénévoles pour couper les cheveux des visiteurs qui le souhaitent tout au long de la journée.

 

Who Fears to Speak de Clodagh O’Leary. La guerre qui a eu lieu entre les nord-irlandais et les anglais de 1968 à 1998 est connue comme « les Troubles ». Si ce conflit a officiellement pris fin avec l’accord du Vendredi saint de 1998, qui a entrainé le retrait des troupe britannique et l’interdiction des activités paramilitaires, son impact est encore bien présent aujourd’hui. Le comté de Derry, qui a été fortement touchée par le conflit, en est la preuve, et c’est ce que montre Clodagh O’Leary dans cette exposition. Si la plupart pensait que les enfants nés après les Troubles seraient libres d’esprit et aucunement affectés, ils savent aujourd’hui qu’ils se sont trompés, et ce sont ces jeunes générations et leur rapport prononcé à la violence qui intéressent plus particulièrement l’artiste. Elle présente les photos des traditions des feux de joie de l’Internment et de la commémoration de l’insurrection de Pâques, durant lesquelles les enfants apprennent à se méfier d’autrui. Les adultes qui les entourent leur passent cette haine transgénérationelle, ce qui constitue le premier pas vers le recrutement par les groupes paramilitaires. Les photos de Clodagh O’Leary montrent alors ces jeunes gens, qui sont lourdement impliqué dans un conflit qu’ils n’ont jamais connu.

 

Dónal Talbot expose Becoming. Le photographe Dublinois s’inspire du concept de « sensibilité gay » créé par Jack Babuscio pour cette exposition. Il a choisi de retourner sur les lieux de crimes de haines contre des personnes queer afin de se réapproprier ces espaces. Accompagné d’amis de la communauté LGBTQIA+, Dónal Talbot a photographié les plantes, l’eau et ses compagnons afin de montrer sa vision authentique de ces espaces. Ces photos calmes, paisibles, et emplies de beauté montrent ces lieux comme des zones de sûreté et de douceur. L’exposition présente une série de photos d’argentique en noir et blanc, détails d’un environnement magnifique et moments d’une journée sereine. L’artiste y explore alors comment notre vue du monde est dictée par notre expérience subjective et notre identité.

 

Bloodroot & Foxglove par Ruby Wallis. Artiste pluridisciplinaire, Ruby Wallis aime explorer de nouveaux médias en photographie. Lors d’une résidence au Lismore Castle Arts, elle découvre l’un des plus anciens jardins cultivés d’Irlande, juxtaposé à un logement de demandeurs d’asiles. L’idée lui vient alors de faire venir ces résidents dans le jardin de nuit, chacun équipé d’un appareil jetable, afin de prendre en photos les plantes qui leur rappellent leur pays, pour entrer en opposition avec l’héritage colonial du château. Elle réalise ensuite cette exposition sans appareils, grâce à un procédé photographique qui consiste à disposer les plantes sur un support, sous une plaque en verre et les laisser sécher au soleil. La nature se charge alors de créer l’œuvre, le soleil, le vent et l’humidité l’altérant d’une façon que l’artiste ne peut prévoir. Elle joint à ces photos une sculpture de plantes séchées, et les témoignages et récits des demandeurs d’asiles.

 

Le festival Circulation(s) a choisi pour ce focus sur l’Irlande des photographes engagés, tant dans leurs communautés et identités que dans l’histoire et la transmission. La pièce dédiée à ces expositions regorge alors de vie, de couleurs et de force.

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Exposition au festival Circulation(s) de Bloordroot and Foxglove par Ruby Wallis
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