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Olivier Martin-Salvan en XXL au Printemps des Comédiens

par Véronique Giraud
Le comédien et metteur en cène Olivier Martin Salvan aura marqué la quarantième édition du Printemps des Comédiens  © Julien Cigana
Le comédien et metteur en cène Olivier Martin Salvan aura marqué la quarantième édition du Printemps des Comédiens © Julien Cigana
Arts vivants Théâtre Publié le 15/06/2026
Le talent d’Olivier Martin-Salvan ne se résume pas à "Les gros patinent bien", un spectacle conçu et interprété avec Pierre Guillois qui n’en finit pas de faire rire la France. S’il en fallait une preuve, l’édition 2026 du Printemps des Comédiens en est une. Ses apparitions, hétéroclites, ont marqué les scènes du festival.

Le quarantième Printemps des Comédiens aura été traversé par la personnalité d'Olivier Martin-Salvan, qui y a tenu tous les rôles dévolus à la pratique théâtrale. Comédien au côté de Thomas Blanchard dans Les Gaulois, pièce commandée à Marion Aubert et présentée en ouverture du festival. Pédagogue, avec les élèves de la promotion 2026 de l’Ensad Montpellier qu’il a confrontés à l’exigence du comique pour leur spectacle de sortie d’école. Metteur en scène, chanteur et lecteur de Valère Novarina, l’écrivain « qui lui a révélé la puissance du dessous des mots ».

Le rôle sur mesure que lui a taillé la camarade Marion Aubert, avec qui il partage le goût pour le non conformisme, fait apparaître sa capacité à jouer de son corps sans tabou ni provocation. Maître dans l’autodérision, le gaulois Olivier Martin-Salvan sait faire glisser innocemment les phrases simples et jouer avec le vrai. Toujours avec l’élégance du cœur. C’est le propre du comique, on l’a peut-être oublié mais les Buster Keaton et autre Charlie Chaplin se sont construit des personnages de souffre douleurs qui ont permis au public de rire de plus malheureux qu’eux et ainsi d’exorciser sa rancœur. Il y a beaucoup de cela dans l’esthétique de Martin-Salvan, avec en plus l'amour inconditionnel de la langue.

 

Nul ne savait à quoi s’attendre d’un spectacle-lecture d’extraits de textes de Valère Novarina, mais là encore il épate avec L'envers des mots. Comme un pied de nez à la mort récente de l’écrivain ami, quatre comédiens arrivent sur scène costumés en squelettes, et chacun se positionne sagement derrière un pupitre à côté d’un musicien paré de plusieurs instruments. L’interprétation chorale, réglée au cordeau, donne toute sa dimension à l’amoureux de la langue, ses mots, leur musicalité, leurs sens et contresens, leurs détournements possibles et impossibles. Les extraits choisis font mouche et collent avec le registre de Martin-Salvan. Son compagnonnage avec Novarina lui a ouvert des possibles et, avec ce spectacle, il confie au public comment et pourquoi cette écriture l’a pénétré.

 

Puis, à la demande des élèves de la promotion de l’ENSAD Montpellier, il s’est fait pédagogue et metteur en scène. Il a travaillé avec les jeunes comédiens des textes de Nicole Genovese, Gwendoline Soublin, Romane Nicolas, Rémi Devos, tous membres de l’écurie d’écriture de Marion Aubert. Façon cabaret loufoque, les scènes de You can do it se sont succédé pendant cinq heures (avec deux entractes quand même) et le public ne s’est pas lassé de rire alors que les propos n'étaient pas toujours joyeux. Force a été de constater le talent très prometteur de cette classe qui a redoublé d'énergie pour servir l'art du comique. Jubilatoire !

 

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