Vous n'avez pas de compte ? Enregistrez-vous
Mot de passe oublié ?Marion Aubert a relevé le défi d’écrire pour Olivier Martin-Salvan et Thomas Blanchard, deux grands comédiens animés par le désir de jouer ensemble. Qui a eu l’idée de les surnommer les gaulois ? Qu’à cela ne tienne, cette désignation des ancêtres du peuple France, comme l’ont recensé avec humour les bandes dessinées d’Uderzo et de Goscinny ainsi que les productions cinématographiques qui s’en sont inspirées, fut le point de départ d’une écriture à trois. L’exercice au plateau leur a permis de sérieusement interroger le sens et la portée du mot gaulois aujourd’hui. Avec leurs physiques si différents, les deux comédiens évoquent le duo formé par Astérix et Obélix, leurs bagarres mémorables contre les centurions romains au cours de leur chasse au sanglier, mets servi lors du banquet final. C’est d’ailleurs avec deux sangliers que tout commence.
Est-ce que rire était approprié ? Lentement, prudemment, apparaissent de derrière une colline joliment parsemée de feuilles d’automne, un sanglier, puis un deuxième. Derrière eux, l’éclat d’un carré bleu tout droit sorti d’un album BD ou d’un film d’animation. Après avoir mené leur quotidien de sangliers, à la fois rivaux et joueurs, les quadrupèdes se lèvent, tiennent sur leurs deux pattes, puis se débarrassent de leur tête animalière pour laisser apparaître deux bonnes têtes de gaulois aux longs cheveux tressés, telles que les représentent les livres d’histoire de France. L’un est petit, fin et blond, l’autre grand, enveloppé et roux. Rien que de très familier jusque-là, mais les dialogues qui s’ensuivent ont de quoi décontenancer, les coups de pied dans la langue réveillent les mots. La conversation des deux compères fait d’abord sourire par son inanité, les situations les plus absurdes s’enchaînent, et peu à peu le rire devient réflexe, interrogeant le spectateur : « Est-ce que rire était approprié ? ». Dialogues et scènes prêtent à rire, les échanges, faussement naïfs, avec la même bonhommie, prennent soudain un autre sens. Le rire interroge car la pièce propulse des réflexions sur la violence policière, la montée de l’extrême droite. Le tout se fait en douceur, mais impacte en profondeur. L’absurde, qui règne en maître dans ce spectacle, permet non pas d’ignorer la situation, mais de l’aborder sous un jour nouveau. Ne sachant jamais ce qui l’attend, le spectateur est tenu en haleine par les scènes et tableaux qui se succèdent. Et surtout par l’immense talent des deux comédiens qui excellent dans le comique de répétition.
Texte : Marion Aubert
Mise en scène et jeu : Thomas Blanchard et Olivier Martin-Salvan
Scénographie et costumes : Clédat & Petitpierre
Composition musicale : Vivien Trelcat en collaboration avec Maxime Lance
Chorégraphie : Loïc Touzé
Lumières : Jérémie Papin
Tournée : du 30 septembre au 1er octobre - Théâtre Des Îlets CDN de Montluçon ; du 7 au 15 octobre, relâche le 11 - théâtre Garonne scène européenne - Toulouse ; Les 4 au 5 novembre - Théâtre du Pays de Morlaix ; du 18 au 20 novembre - Lieu Unique scène nationale de Nantes ; du 24 au 28 novembre - Théâtre du Jeu de Paume - Les Théâtres - Aix-en-Provence ; du 3 au 20 décembre, relâches les 7 et 14 - Théâtre des Bouffes du Nord - Paris ; les 12 et 13 janvier 2027 - Maison de la Culture de Bourges scène nationale ; les 2 et 3 février - MC2: Maison de la Culture de Grenoble scène nationale ; du 17 au 20 février - Théâtre national de Nice CDN Nice Côte d’Azur.