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Mot de passe oublié ?Ils sont vingt-deux sur scène. Vingt-deux athlètes acrobates capables de porter l’autre sur les épaules, de se jeter de très haut dans les bras qui se tendent, de descendre le long des corps en tension, de gravir une montagne humaine, puis d’accomplir son effondrement. On pourrait résumer l’ADN du collectif XY par l’excellence physique de la relation à l’autre et son entremêlement avec les désordres de notre temps. D’autant que quand ils n’interprètent pas leurs spectacles, ces artistes mènent des actions de transmission, développent des projets avec les migrants de Calais. En développant leur capacité à créer des formes humaines avec une écriture précise du passage de l’un à l’autre, de l’un sur l’autre, d’un pied à une main, d’un genou à une épaule, ils manifestent au public qu’ensemble et en confiance une foule peut braver les déséquilibres.
Vingt ans d’entrainement, vingt ans de construction d’un langage scénique aujourd’hui reconnaissable d’entre tous. Pourtant, avec Le pas du monde, ces artistes nous étonnent une fois encore en apportant une touche supplémentaire à leur palette circassienne déjà singulière : le chant. Deux chanteuses et un chanteur se sont mêlés à la meute acrobate et enveloppent tout l’espace de leurs voix. « Nous avons choisi ici plonger dans les métamorphoses du vivant. Et d’y faire plier nos visions anthropocentriques » explique le collectif qui a conçu ce spectacle avec le regard de Fanny Soriano dont la compagnie Libertivore ne cesse d’interroger les métamorphoses du vivant. Cette complicité enrichit l’intention des mouvances, tout comme le son et la lumière, qui vient souligner les sculptures animées. Un spectacle total qui illumine de sa ferveur et de sa force !
Le pas du monde, Collectif XY. Les 24 et 25 juin à l'opéra Berlioz du Corum, dans le cadre de le 46e édition du festival Montpellier Danse.