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Mot de passe oublié ?Armin Hokmi est exigeant. Envers ses danseurs, envers le public, envers lui-même. Déjà dans sa pièce Shiraz, et encore avec le solo de Of the Heart, une étude, donnée l’an dernier à Montpellier Danse, il ne cachait pas son ambition de construire un vocabulaire singulier, méticuleux. Artiste associé à l’Agora cité internationale de la danse depuis trois ans, il a présenté sa nouvelle création, Bazm (Répertoire), sur la scène de l’Opéra-Comédie le 26 juin. Cette fois avec onze danseurs et danseuses. L’écriture s’est précisée, l’esthétique affirmée, l’espace élargie. Au risque de désarçonner le public au premier abord. Au premier abord seulement.
Le jeune chorégraphe iranien, qui a quitté son pays à 23 ans, a affiné son vocabulaire, le rendant plus subtil, moins arrondi. Alors que dans Of the Heart, une étude, la danseuse semblait s’ouvrir en mouvements circulaires, la gestuelle est ici plus géométrique, plus anguleuse, plus lente et plus tenue à une rythmique syncopée. Il n’y a jamais d’envol, les corps ne se touchent pas, l’emballement est subtil. Tout est dans une économie de mouvements, haussement d’une épaule, jambe droite qui part en arrière et gauche, qui devient pivot pour un quart de tour, tête qui change de direction. La musique, en quelques phases répétées à l’envi, ordonne les changements de position. « La répétition joue un rôle central : elle invite le spectateur à observer attentivement et à remarquer de petites variations. Dans un monde saturé d’images rapides, la danse peut offrir cet espace d’attention » veut croire Armin Hokmi.
On se trouve ainsi dans un univers singulier, dépourvu d’emphase, de disruptions, qui évoque tout à la fois les chorégraphies très géométriques initiées par le Bauhaus des années 1920, une esthétique frôlant le minimalisme sans l’être ou un espace totalement ouvert où la danse commencerait à se composer avec le souvenir des écritures et traditions anciennes. L’abord n’est donc pas facile. L’impression mécanique qui s’impose d’abord disparaît vite, la lenteur gagne l’attention, le mouvement d’ensemble, notamment dans sa finale, touche, délicatement.
Bazm (Répertoire) d’Armin Hokmi. Création pour Montpellier Danse les 26 et 27 juin à l’Opéra Comédie. Musique : Helen Island, Caryo. Avec Louise Dahl, Even Eileraas, Tasha Hess-Neustadt, Adam Russel Jones, Gyeongjin Lee, Dana Michael Luebke, Jolinus Pape, Leonie Türke, Charlott Madeleine Utzig, Eline Chao Vaaje, Emmi Venna.