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Mot de passe oublié ?Une nouvelle coupe de dix millions d’euros dans les budget du ministère de la Culture qui aurait affecté principalement 28 grandes structures arts vivants (dont 12 centres dramatiques nationaux, 3 scènes nationales, 7 opéras, 4 orchestres nationaux et 2 théâtres parisiens) avait provoqué une colère des tous les acteurs du monde de la culture. Colère qui n’aura pas été vaine, la ministre Catherine Pégard annonçant, le 21 juillet, que les subventions seront finalement versées.
La veille de l’ouverture des festival d’Avignon et d’Aix-en-Provence, le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac) révélait, dans une lettre adressée au Président de la République, au Premier ministre, aux ministères concernés et aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, que le budget de la culture en cours pour 2026 entérinerait une nouvelle baisse de 5% à la création artistique. Déjà amputé de 173 millions d’euros par rapport au précédent, le budget 2026 aurait taillé encore dans les subventions qu’il restait à verser (50% ont été versés dans le premier semestre). De ce fait, 28 des grandes structures des arts vivants n’auraient pas touchés 10 à 12 % des subventions attendues et déjà engagées dans leur programmation. Difficile en effet, dans le domaine de la création artistique plus qu’ailleurs de lancer une production ou de programmer sa saison à venir sans assurance sur le budget. « Concrètement, nombre de ces vingt-huit structures risquent de ne pas pouvoir ouvrir leur saison avant janvier 2027 » annonçait le Syndeac. « Toute la chaîne de création serait affectée : résidences annulées, productions suspendues, coproductions abandonnées, tournées compromises et centaines d’équipes artistiques, déjà largement en risque de disparition, privées de leurs principaux partenaires. »
La réaction avait été vive dans les festivals et, sous l’impulsion de Florence Portelli, présidente déléguée LR de la région Ile-de-France, en charge de la culture, des maires et des présidents de région et de département avait réagi dans une tribune. Tout en reconnaissant la question de la dette publique, la tribune demandait : « Celle et ceux qui prennent ces décisions à un stade aussi tardif de l’année ont-ils vraiment mesuré leurs conséquences sur la pérennité de ces institutions, alors même que les programmations artistiques sont actées, les contrats signés et les dépenses largement engagées et incompressibles ? ».
Principalement concernées par des budgets qui associent toujours l’État et les collectivités, les signataires notent : « Nous sommes prêts, comme nous l’avons toujours fait, à participer à la réflexion collective sur les moyens de concilier responsabilité budgétaire et ambition culturelle. Mais un tel projet suppose de la visibilité pluriannuelle et le respect des engagements pris. Il ne peut se faire brutalement dans le mépris de la parole donnée. » Un engagement qui sera nécessaire car, si le budget 2026 est confirmé, ce qui reste encore à être concrétisé dans les faits, celui de 2027 s’annonce sous les plus sombres auspices. Aux dires du Syndeac, il pourrait être en diminution de 10 à 20%.