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Dahchouria donne les clés du cinéma à la jeune génération égyptienne

par Véronique Giraud
Les jeunes cinéastes égyptiens du programme Dahchouria, après la projection de leurs courts métrages. ©Rivaud/NAJA
Les jeunes cinéastes égyptiens du programme Dahchouria, après la projection de leurs courts métrages. ©Rivaud/NAJA
Présentés par l'équipe de Cinemed, les jeunes cinéastes égyptiens du programme Dahchouria répondent aux questions du public. ©Rivaud/NAJA
Présentés par l'équipe de Cinemed, les jeunes cinéastes égyptiens du programme Dahchouria répondent aux questions du public. ©Rivaud/NAJA
Cinéma Film Publié le 20/10/2026
Les Ateliers Dahchouria, créés en collaboration avec l’Ambassade de France en Égypte / Institut Français en Égypte, sont une opportunité de formation gratuite pour les jeunes cinéastes qui contribuent ainsi à enrichir le 7eme art d'expériences uniques, qui reflètent leur environnement et leur identité. Une sélection de courts métrages en a donné un aperçu lors de la 48e édition de Cinemed.

La 48e édition de Cinemed propose un focus sur le nouveau cinéma égyptien. Des cinéastes comme Youssef Chahine et d'autres sont bien sûr dans les mémoires des cinéphiles français, mais aujourd’hui force est de constater que le cinéma égyptien est peu répandu dans les salles de l’hexagone. C’est tout le mérite du festival montpelliérain d’avoir invité, après celle de Syrie l'an dernier, la toute jeune génération de cinéastes égyptiens. Leurs long-métrages, mais aussi leurs courts-métrages, que le public a pu découvrir, en présence de leurs réalisateurs. Ces courts ont été accompagnés au sein d'un programme gratuit de formation cinématographique et résidences artistiques, que la productrice et réalisatrice égyptienne Marianne Khoury a créé en 2012.

 

Ce 20 octobre, étaient projetés quatre de ces courts métrages : Of Burnings Memories and Wounds (2025) de Suhah Belal, En haut en bas (2026) de Khaled Khalifa, Hot Potatoes (2026) de Menna Salah, et A Date With Mama (2026) de Marianne et Christine Hanna. Tous ont en commun d’être très aboutis et d’une technique maîtrisée. À l’issue de la projection, chacun a témoigné de la façon dont le programme Dahchouria auquel ils avaient candidaté sans savoir à quoi s’attendre, les avait aidés à aboutir dans leur projet de scénario, et même à se dépasser quand ils témoignaient de leur difficulté.

Les parcours de chacun de ces jeunes cinéastes diffèrent, et éclairent un pan de la création cinématographique actuelle en Égypte. Suhah Belal était journaliste avant de concevoir un scénario et c’est après quatre ans sans parvenir à aboutir et se sentant trop seule qu’elle a tenté d'intégrer Dahchouria. Khaled Khalifa a lui suivi des études d’art en Suisse et, à son retour en Égypte, il a candidaté sur les conseils de sa mère avec comme seule certitude que sa grand-mère et amie serait la muse de ses inventions esthétiques. Pour Menna Salah, dont Hot Potatoes est le troisième court métrage, ces programmes d’accompagnement sont le meilleur moyen de se former et d'être entourée d'une équipe de réalisation. Elle travaille  d'ailleurs actuellement à un autre projet dans le cadre d’un programme du CNC en France. Son film, inspiré du quotidien de deux de ses voisines, parle avec beaucoup d’humour et de justesse de l’injonction de la femme à être toujours mince. Enfin, Marianne et Christine Hanna sont deux sœurs. Christine a fait des études de cinéma, Marianne est comptable, mais quand la première a voulu réaliser un film autour de leur mère il était évident qu’elles le feraient ensemble. Le film est poignant, et sa sobriété formelle est contrebalancée par l’évocation de drames qui n’ont jamais pu être dits entre mère et filles.

Hasard ou phénomène, la représentation de la femme est au cœur de chacun de ces films.

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