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Mot de passe oublié ?La chanteuse d’opéra Malika Bellaribi Le Moal est née à Nanterre. Elle a grandi, avec sa famille d’origine algérienne, dans un bidonville, qui lui a valu le surnom de « diva des banlieues ». Quand elle la rencontre dans un des cours de chant que la cantatrice, aujourd'hui âgée de 70 ans, donne toujours, Mounia Meddour est fascinée par son histoire et décide d’en faire un film. Après des débuts de réalisatrice de documentaire, elle crée une trilogie inspirée par les destins de femmes résilientes. Après Papicha et Houria, Malika est son troisième long métrage. « Ce qui peut sauver, c’est quand même l’éducation et l’indépendance financière » affirmait Mounia Meddour au public du Cinemed. Son film commence avec l'incident tragique que la future cantatrice (Lilya Adad) a vécu alors qu'elle avait 3 ans, quad, percutée par un avion, elle eut tout le bas du corps brisé. Suivent ses débuts à l’École normale de musique de Paris, avec sa professeure Anne Dune (Elsa Zylberstein, Simone, le voyage du siècle) et sa rivale, devenue son amie, Sylvie (Camille Razat, Prodigieuses). En parallèle, on la voit tenter d’échapper à la vie familiale, qu'elle partage entre sa mère abusive (Lubna Azabal, Le Dossier Maldoror) et sa sœur (Hilda Amira Douaouda, Houria), qui ne vit que pour les autres.
Une histoire de résilience. Malika Bellaribi a donné à la réalisatrice sa liberté artistique pour romancer son histoire, et ajouter des éléments de fiction. Elle est par exemple présentée comme étant la cadette de deux sœurs alors que la cantatrice est née septième d'une fratrie de neuf enfants. Mounia Meddour explique aussi que la relation entre la cantatrice et sa mère était bien plus brutale que celle montrée à l’écran, mais qu'elle ne voulait pas trahir, en les montrant sous leur pire angle, les femmes vivant des situations similaires, mariées de force et émigrées d’Algérie de force. La sœur, en contre-exemple, a été choisie pour incarner la figure maternelle que l’une de ses aînées inspirait à Malika Bellaribi. Il était important pour la réalisatrice de montrer le soutien, l’amour et la sororité entre les jeunes femmes de ces quartiers, au-delà de la pauvreté. « Il y a quand même l’aspect collectif qui aide à avancer dans la vie » estimait-elle en parlant de la relation entre Malika et ses amies.
Un art élitiste. Mounia Meddour a choisi le format carré qui lui a permis de mettre en avant la rencontre de Malika avec le chant lyrique, une rencontre qui lui a changé la vie et lui a donné la volonté de continuer avec force malgré son accident. Au-delà du trauma physique, c’est le côté émotionnel qui intéressait davantage la réalisatrice, avec la résilience dont elle a pu faire preuve. Elle utilise également beaucoup l’opposition entre l’univers opératique et la vie des quartiers, faisant de Malika le pont entre ces deux mondes. Tous les publics peuvent alors s’y retrouver, quel que soit leur héritage culturel. La réalisatrice a bien conscience que l’opéra est un art méconnu de la majorité du grand public, parce qu'élitiste et trop coûteux. L'expérience de Lilya Adad, l'actrice qui joue Malika, résonne particulièrement dans son incarnation.
Une route semée d’embûches. Après avoir participé à The Voice en 2018, Lilya Adad a rejoint la distribution de la comédie musicale Starmania où elle incarnait Cristal entre 2022 et 2024. Le film Malika marque ses débuts au cinéma. Lilya Adad a une vaste expérience en chant, mais elle n’a pas appris l’opéra. Sa voix a alors été morphée en post-production avec celle d’une chanteuse lyrique mezzo-soprano, lorsqu’elle faiblissait. Elle a été coachée pour le tournage par Malika Bellaribi, qui a pendant des années enseigné le chant, souhaitant transmettre l’opéra au-delà des milieux privilégiés. « J’ai trouvé qu’elle avait une façon très passionnante, très passionnée aussi, de transmettre le chant » admirait la réalisatrice. Le tournage a lui été semé de difficultés, il a été réduit à 26 jours en raison de financements insuffisants, alors qu'il y eut beaucoup de répétitions et de séances de préparation. Le bidonville, reconstitué par l’équipe de décoration à partir d’images d’archives, est si réaliste que la police a été appelée par le voisinage qui pensait qu’un camp était réellement en train de s’installer.
La première projection a eu lieu à Nanterre, dans un cinéma proche de l’ancien bidonville, en l’honneur de l’histoire de Malika Bellaribi