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Quand le cinéma marchandise a gagné « Sauf contre ces fichus Français »

par Élisabeth Pan
Cinéma Documentaire Publié le 01/11/2026
Un documentaire, actuellement diffusé par la chaîne de télévision LCP (Canal 8 de la TNT) et la plateforme de France Télévisions, revient sur le combat de l’industrie hollywoodienne contre l’exception culturelle française. Exception culturelle, la bataille qui a sauvé le cinéma français est un pur moment de plaisir pour celles et ceux qui défendent la culture.

C’est un documentaire étonnant et si révélateur que diffuse actuellement la chaîne de télévision LCP (Canal 8 de la TNT) et la plateforme de France Télévisions sur le combat de l’industrie hollywoodienne contre l’exception culturelle française. Réalisé par Marie-Laurence Rincé avec la complicité scénographique de Laurent Joffrin, Exception culturelle, la bataille qui a sauvé le cinéma français est un pur moment de plaisir pour celles et ceux qui défendent la culture. D’une durée de 90 minutes, le documentaire s’offre un beau clin d’œil : être raconté, en voix off et à la première personne grâce à l’acteur américain Ken Starcevic, par un acteur majeur de cette négociation. Jack Valenti, décédé en 2007, mena la bataille durant les négociations sur l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, plus connu sous le nom de GATT, son acronyme anglais. Loin d’être un second couteau dans le monde du cinéma, il a présidé durant 38 ans – c’est dire s’il a connu du monde et brassé des affaires – le lobby des industriels du cinéma américain, la puissante Motion Picture Association.

Objet de cet incroyable épisode connu sous le nom de Uruguay Round : faire entrer le cinéma dans l’accord de libre-échange, comme le souhaitent les Américains. L’industrie hollywoodienne domine alors le secteur et est en passe de tenir le premier rang des exportations des États-Unis. Faire des produits du septième art une marchandise comme les autres garantirait une domination absolue des studios californiens sur le reste du monde, détruisant peu à peu toute concurrence, notamment européenne. Valenti a réussi son coup et s’en vante. « Sauf une fois, contre ces fichus Français ».

La France possède en effet un système de quotas et de financement de la création qui va à l’encontre du libre-échange. Pire, elle prétend le conserver, introduisant la fameuse exception culturelle française dans les discussions sur le GATT. La narration du premier épisode où l’on voit le ministre français de la communication se faire mettre à la porte par le britannique qui mène la négociation est un moment épique. Suivi par d’autres non moins savoureux racontés par Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères, et Jacques Toubon, ministre de la Culture. Tout le monde du cinéma français est derrière eux et, en ce moment de cohabitation entre François Mitterrand et Jacques Chirac, les deux têtes de l’exécutif parlent d’une même voix.

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