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À Premiers Plans, les courts en disent long

par Véronique Giraud
Le réalisateur roumain Vasile Todinca avant la projection à Angers de Alisvetris, son premier court métrage. ©Rivaud/NAJA
Le réalisateur roumain Vasile Todinca avant la projection à Angers de Alisvetris, son premier court métrage. ©Rivaud/NAJA
Lili Koss (au centre) à la rencontre du public lors de la projection de son long métrage
Lili Koss (au centre) à la rencontre du public lors de la projection de son long métrage "Erashead dans un filet à provisions". ©Rivaud/NAJA
Cinéma Film Publié le 07/02/2026
Pour le cinéma naissant, les festivals sont une porte d'entrée inestimable. Premier court-métrage, premier documentaire, premier long-métrage, donnent le plaisir incomparable de rencontrer une nouvelle génération qui dresse un autoportrait singulier, s’aventure dans des techniques innovantes, pointe des interrogations, des peurs, observe et questionne les mœurs contemporaines.

Les films où jouent les actrices et acteurs de renommée internationale auront la chance de toucher leur public dans les salles de cinéma, même si celles-ci sont moins fréquentées qu'avant. Au Festival Premiers Plans 2026, la venue de Fabrice Lucchini, Juliette Binoche, Laetitia Dosch, Fabrice Melquiot ont contribué à la magie du 7ème art. Il est cependant un autre cinéma, celui naissant, sans toujours de distributeur, projeté de festivals en festivals. Court-métrages moins risqués et moins coûteux, documentaires, premier long-métrage. Ceux-là auront une moins grande exposition, mais l’énergie qu’ils déploient donne un plaisir incomparable. Celui de la rencontre avec la nouvelle génération qui dresse un autoportrait inédit, s’aventure dans des techniques d’animation, pointe des interrogations, des peurs, observe les proches, questionne les mœurs.

 

La question de la condition féminine est saillante, le cinéma rend perceptibles des réalités tues, et le nombre de réalisatrices s’étoffe en Europe. Leurs courts-métrages, projetés le 23 janvier dans l’auditorium bondé du Centre de Congrès, bouleversent tout simplement. De la Bulgare Lili Koss qui, avec le palpitant Erashead dans un filet à provisions, fait le portrait d’une très jeune fille pour qui le cinéma est une échappatoire à l’existence dans une cité minière des années 90 postindustrielles, à la Croate Daria Blažević  dont le court, Lessons, interroge les regards et les attitudes des hommes envers les jeunes filles d’aujourd’hui à Zagreb. La Portugaise Marta Reis Andrade, avec Seuls comme un chien, expérimente l’animation pour traduire ses propres impressions d’enfance et d’adolescence réactivées par ses retours dans sa famille où plusieurs générations vivent ensemble sans vraiment partager la réalité de chacun, conférant tout son poids à la solitude.

Avec Erashead dans un filet à provisions, la scénariste et réalisatrice Lili Koss a obtenu le Grand Prix du jury à Angers. De son côté, Daria Blažević a décidé de prolonger l’expérience de Lessons avec son premier long métrage, The Swamp (2025), qu’elle développe actuellement grâce à une aide à l’innovation long-métrage de la Région Nouvelle-Aquitaine, ainsi qu’une aide à l’écriture et au développement de la Croatie.

 

Courts métrages nouvelle génération. Pour réaliser Alisveris, Vasile Todinca a utilisé le collage d’images et d'objets pour dresser visuellement un tableau des laisser pour compte de la société, autant d'indices subjectifs habités par l'étrange. Son vibrant et singulier état des lieux de l’insécurité en Roumanie est évalué à travers la course d'une jeune femme décidée à vendre une tresse de cheveux, et même ses propres cheveux, pour pouvoir payer le solde de son loyer. L'humour et le cynisme du réalisateur font mouche.

Pour Joachim Michaux, l’aventure de ce premier long-métrage est née de la nostalgie de l'époque bénie des raves qui réunissaient la jeunesse belge des années 80-90. Filmé en noir et blanc, le film exprime l'errance, le hasard des rencontres, et la puissance contagieuse de la musique et de la fête.

 

Les films d’écoles ont leur importance dans la trajectoire de le nouvelle génération de cinéastes. Parmi ceux sélectionnés à Premiers Plans, Nadhir Bouslama qui, avec Sous les ruines, a remporté le Prix du public à Premiers Plans. D’abord ingénieur en informatique, Nadhir a quitté sa Tunisie natale pour intégrer La Fémis en 2021 au sein du département montage. Son premier court métrage de fin d’étude est né de sa propre expérience de l’exil et du deuil.

Guoju Wang, dont le film A Winter Mirage a été projeté à Angers, est étudiant à la London Film School. Son film raconte une journée dans la vie de sa mère pour aborder le découplage économique de 2024 en Chine, à travers une mère célibataire luttant pour maintenir à flot son entreprise d’exportation, avec l'espoir de retrouver son poste à l‘Opéra d’État. L’IA n’était pas au programme de cette 38e édition mais, confie-t-il, elle est présente dans le quotidien du jeune réalisateur chinois.

 

, explique parler chaque jour à ChatGPT et s’être fait aider par l’IA pour son film, ciel.

 

 

La section Diagonales met la lumière sur des premières œuvres audacieuses et inventives qui, souvent, esquissent un pas de côté sous différentes durées et formes.

Planètes, animation sans dialogue de Momoko Seto,

Les longs métrages Avant/Après de Manoël Dupont et Gabriel Azorin, Anoche conquisté Tebas,

Autostop, un documentaire au processus singulier, .

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