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« Des femmes comme les autres », hommage aux femmes du 4e âge… et à Montpellier

par Élisabeth Pan
Cinéma Film Publié le 20/10/2026
Dominique Cabrera est venue présenter son nouveau film, Des femmes comme les autres, au festival Cinemed. Mettant en scène un duo formé par Hélène Vincent et Yolande Moreau, le long-métrage faisait son avant-première mondiale à Montpellier, où il a été tourné.

En réalisant Des femmes comme les autres, Dominique Cabrera rend hommage à sa mère, aux femmes de notre quotidien, et à Montpellier. C'est cette ville qu'elle a tourné, là aussi que son film fait son avant-première mondiale à l'occasion du festival Cinemed. Co-écrit avec Anna Zisman, le film suit Simone (Hélène Vincent) et Jeannine (Yolande Moreau), deux voisines et amies qui partagent la même passion pour la broderie.

Ce que recherchait avant tout Dominique Cabrera, c’était la simplicité de l’ordinaire. Le film ne suit donc pas les personnages lors d’aventures inattendues, mais plutôt dans des moments de découvertes sur elles-mêmes, alors qu’elles essaient chacune de traverser des épreuves personnelles et sociales.

 

Un Montpelliérain au Cinemed. La ville est un personnage à part entière du film. La réalisatrice a expliqué lors de sa venue au festival qu’elle souhaitait filmer de la façon la plus naturelle possible, au grand damne de son équipe de tournage. Elle souhaitait « fabriquer un décor aussi juste que ce que la vie nous apporte », a-t-elle déclaré. L'envie fut la même pour la musique du film, composée par Béatrice Thiriet. « Les sons de la vie, on les a montés comme une musique » commente Dominique Cabrera. Et le challenge est réussi. Des femmes comme les autres semble extrait du quotidien des habitants, avec un rendu d’autant plus réaliste que les travaux en cours - que personne n'avait prévus - ont été parfaitement intégrés à l’histoire. Petite touche personnelle pour ce film que les co-scénaristes décrivent comme « familial » : les appartements des voisines sont en réalité ceux de la mère de Dominique Cabrera et de sa voisine, qu’elles ont gentiment cédé pour le tournage et dont le décor est signé Raymond Sarti, compagnon de longue date de la réalisatrice. Le club des brodeuses de Montpellier, où les deux amies se retrouvent, a également participé au film, avec l'actrice Isabelle Lafon comme meneuse de groupe.

 

Des vies ordinaires. Dominique Cabrera voulait tourner à nouveau avec Yolande Moreau et, en cherchant son binôme à la Laurel et Hardy, elle a pensé à Hélène Vincent. Ce qui a eu pour effet une alchimie naturelle entre les amies. Le personnage de Simone est inspiré par la mère de la réalisatrice, qui en dit : « Je ne voulais pas faire du “cinéma“ avec la vie de ma mère ». Elle a préféré montrer les sentiments qui traversent ces femmes de 70, 80 ans sans les dramatiser, raconter leur histoire sans en faire une « success story », et montrer qu’il n’est jamais trop tard pour s’affirmer tel qu’on est. « Je voulais que ça ait de la valeur en soit, pas de la valeur ajoutée. Les personnes âgées, c’est comme si, pour les représenter au cinéma, il fallait ne pas montrer qu’elles sont âgées », commente-t-elle. L'élan de la jeunesse, amené par l’aide à domicile Léa (Eva Huault), est involontairement l'élément déclencheur des questionnements des deux voisines. Elles parviennent alors à influencer leur réalité, tentent de se réparer et de rendre le monde un peu meilleur. Dominique Cabrera précise avoir été rattrapée, entre l’écriture du film en 2015 et sa post-production dix ans plus tard, par l’actualité : « on a été dépassées par le déferlement de propos racistes », un phénomène qui ancre davantage encore Des femmes comme les autres dans notre réalité quotidienne.

 

Dominique Cabrera et Anna Zisman signent un film plein de tendresse et de douceur. Le naturel du jeu d’acteur et le réalisme du décor rendent Des femmes comme les autres d’autant plus émouvant. Dévoilé en première mondiale au Festival du cinéma méditerranéen, le film est en lice pour l’Antigone d’or. Sa sortie en salles est prévue le 14 avril 2027.

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