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Mot de passe oublié ?Après sa mini-série A Strange Summer, qui avait été présentée au festival Séries Mania en 2022, le réalisateur finlandais Lauri-Matti Parppei revenait en France, cette fois à Angers, pour la projection de son premier long-métrage en tant que réalisateur, La Lumière ne meurt jamais. « Ça me fait très plaisir, parce que je viens du milieu de la musique et d’habitude, il y a plus de monde sur scène que dans le public » plaisantait-il lors de l’avant-première au festival Premiers Plans.
La Lumière ne meurt jamais suit Pauli (Samuel Kujala), un flûtiste classique réputé, qui se voit obligé de retourner chez ses parents après avoir été mis en arrêt maladie à cause de sa dépression. Coincé dans sa petite ville natale, sans grande occupation, il croise la route d’une ancienne camarade de classe, Iiris (Anna Rosaliina Kauno), qui fait également de la musique, quoique avec moins de succès. Elle lui propose alors de monter un groupe, avec Sini (Camille Auer), forçant Pauli à sortir de sa zone de confort.
Un background musical. Lauri-Matti Parppei a basé La Lumière ne meurt jamais sur sa propre expérience, ayant lui-même grandi à Rauma, où se passe le film. « C’est là que j’ai commencé à faire de l’art et de la musique, et c’est là que j’ai rencontré ma famille choisie », racontant comment, dans cette petite ville finlandaise, la seule échappatoire était la musique. Il a alors fondé un groupe avec ses amis, sans grand succès. Son style musical fut l’inspiration du film. Lauri-Matti Parppei, qui a composé la bande-son, explique avoir mis en place une sorte de groupe avec les acteurs afin de créer collectivement les musiques du film, de façon assez organique. La plupart des « instruments » utilisés ont été construits par lui-même, compte tenu de son budget limité. Si leur groupe de musique n’était pas populaire, et, d’après le réalisateur, leur musique pas si bonne, ce n’était pas important, ce qui comptait le plus à ce moment-là était la communauté qu’ils avaient trouvée, ce qui est également ce que le réalisateur voulait montrer dans le film. « J’ai rencontré ce groupe de personnes vraiment étranges » disait-il. « C’est comme si j’étais soudain dans un autre monde, dans une nouvelle réalité. »
Une famille choisie. Pour Lauri-Matti Parppei, « L’amitié et la communauté étaient le plus important ici », ajoutant que son envie de créer lui est venue de la famille qu’il s’est construit en faisant de l’art. Les personnages principaux sont tous inspirés de Lauri-Matti Parppei et de ses amis de l’époque, Pauli, Iiris et Sini, formant un mélange entre eux tous. « Je ne suis pas une personne très créative, alors il était plus simple pour moi de m’inspirer d’événements de ma vie, » plaisantait le réalisateur, ajoutant que, s’il s’identifie plus à Pauli aujourd’hui, il retrouve dans Iiris sa jeunesse. Le plus dur pour lui a alors été de créer les personnages et de les faire correspondre à l’idée qu’il s’en faisait. En grandissant, son groupe d’amis et lui-même ont eu tendance à s’auto-saboter, jusqu’à ce qu’ils se trouvent et commencent à créer ensemble, et c’est ce qu’il voulait montrer.
Le pays de la santé mentale. « Il est très difficile de montrer une lutte interne à l’écran, » expliquait Lauri-Matti Parppei, expliquant que, dans sa ville natale, une santé mentale instable était pratiquement attendue, partageant avoir lui-même des difficultés, comme la plupart de ses amis de Rauma, ce qui l’a inspiré pour le film. Sa description de la dépression n'est pas romantisée, elle est juste, sincère et humaine. De la même façon, les personnages entourant Pauli, qui ne savent pas comment réagir, ne sont pas antagonisés. C’est le cas de ses parents, qui ont tendance à surprotéger leur fils, et ne savent ni quoi lui dire, ni comment réagir. Selon le réalisateur, il est facile, dans ces situations, de détourner la responsabilité et de blâmer ceux qui essaient d’aider, afin de trouver un coupable externe. Il a également voulu montrer la réalité de la dépression en ajoutant beaucoup de moments de lumière, de joie même, qui ont fait énormément rire le public. La Lumière ne meurt jamais va à l’encontre du traitement habituel de la dépression dans les médias, montrant qu’il ne s’agit pas d’une constante obscurité, qu’il y a aussi des moments éclatants de joie.
« Je vous recommande à tous, en quittant cette pièce, de trouver un groupe de musique à rejoindre », concluait Lauri-Matti Parppei à Premiers Plans. « Et si vous ne savez pas jouer d’un instrument, c’est encore une meilleure raison de le faire ! » Les chansons du film, enregistrées live, sont disponibles sur les plateformes (sous le titre finlandais Jossain on valo joka ei sammu), et le seront bientôt en vinyle pour un nombre limité d’exemplaires.