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Montpellier Danse traverse le temps avec « Histoires de Danses »

par Élisabeth Pan
Installation 100% Polyester de Christian Rizzo & Caty Olive
Installation 100% Polyester de Christian Rizzo & Caty Olive
Représentation de In the Brain de Hofesh Shechter par le collectif Shechter II.
Représentation de In the Brain de Hofesh Shechter par le collectif Shechter II.
Arts vivants Danse Publié le 20/06/2026
Montpellier Danse a ouvert sa 46ème édition ce 20 juin. Pour célébrer l’occasion, et en mémoire de Jean-Paul Montanari, le festival proposait en préambule un spectacle déambulatoire, Histoires de Danses, qui revient sur son histoire, depuis sa création à aujourd'hui.

La 46ème édition de Montpellier Danse s’ouvre avec un sentiment de douce amertume, en mémoire de Jean-Paul Montanari. Disparu en avril 2025, il fut d'abord assistant du chorégraphe Dominique Bagouet lors de la création du festival, puis directeur général de 1983 à 2024. En son honneur, les nouveaux codirecteurs de l’Agora, Cité Internationale de la Danse, Jann Gallois, Dominique Hervieu, Pierre Martinez et Hofesh Shechter, ont organisé en ouverture un spectacle en déambulation, Histoires de Danses, qui retrace l’histoire du festival avec les chorégraphes qui l'ont marqué.

 

Le public, réparti en cinq groupes, est invité à traverser l’Agora, d'une salle à une autre, pour découvrir ou retrouver des extraits de divers spectacles de Montpellier Danse. Tous les groupes sont d'abord réunis dans les gradins du théâtre de l’Agora pour assister à un seul en scène de Jann Gallois, réécriture de sa création de 2024, Impulsion. La danseuse semble faire jaillir de son corps toutes les énergies et émotions qui la traversent sur l’instant, et les partage avec des spectateurs admiratifs. Le public se dirige ensuite vers la Cour Montanari pour 7, une pièce imaginée par Dimitri Chamblas & Zoé Lakhnati. Créée à l'occasion de l'ouverture du Chai des Moulins à Sète à l’automne 2025, elle met en scène un groupe de Sétois formant au fur et à mesure de leur arrivée et de leurs déplacement un tableau de personnes bronzant sur la plage.

 

Suit un extrait du spectacle In the Brain de Hofesh Shechter, au studio Bagouet. Les huit jeunes danseurs de la Shechter II, compagnie junior qui se renouvelle tous les deux ans, performent alors une danse intense et puissante, qui sera présentée les 24 et 25 juin dans l’amphithéâtre du Domaine d’Ô, scène jusque-là inédite de Montpellier Danse. Au studio Cunningham de l'Agora, la création Soapéra de Mathilde Monnier met en scène des corps enfouis dans une montagne de mousse blanche, glissant et se déplaçant entre les bulles de savon. Les performances Trisha Brown de Fabrice Ramalingom et Jours étranges de Dominique Bagouet, qu'interprètent les élèves du Conservatoire à rayonnement régional de Montpellier, se partagent le studio Yano. Dans la salle Béjart, une installation vidéo permet au chorégraphe Salia Sanou et au photographe Nicolas Clauss de partager la scène à distance avec neuf danseurs camerounais. Sous la douce voix d’Ange Fandoh, le public est invité par les performeurs à participer à ce moment de respiration collective. De retour dans la cour Montanari, les spectateurs s’assoient autour des musiciens Babx & Benjamin Chaval. Équipés de casques, ils écoutent en direct la création du duo, Ghosts, qui reprend et assemble différentes créations musicales du festival. Une initiative qui met en valeur la qualité de musiques conçues pour les représentations de danse, un registre rarement enregistré. Non loin de là, dans le studio Gert, le public a accès à l’installation de l'ancien directeur du CCN Montpellier, Christian Rizzo, et de Caty Olive, qui font danser des costumes de scène dans l'intimité de la salle.

Ce voyage dans le temps s'achève dans la Cour Montanari, où l'ensemble du public assiste à une création de Laurent Pichaud, La Cour des anges, reprise par les interprètes d’origine de la pièce Le Saut de l’ange, que le chorégraphe Dominique Bagouet avait créée avec le plasticien Christian Boltanski. Le public vit alors un retour aux origines de Montpellier Danse, rendu merveilleux par la joie et la passion de danseurs qui ont connu 40 ans de festival.

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