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Musiques en héritage : écouter le plaisir de chanter avec Ludmilla Dabo

par Véronique Giraud
Souvenirs en chanson du percussionniste Louis Joffroy, avec l'écoute attentive et bienveillante du reste de la troupe de Musiques en héritage ©Jean-Louis Fernandez
Souvenirs en chanson du percussionniste Louis Joffroy, avec l'écoute attentive et bienveillante du reste de la troupe de Musiques en héritage ©Jean-Louis Fernandez
Musiques en héritage, texte et mise en scène Ludmilla Dabo. De gauche à droite : Élise Vigier, Ludmilla Dabo, Kaloune ©Jean-Louis Fernandez
Musiques en héritage, texte et mise en scène Ludmilla Dabo. De gauche à droite : Élise Vigier, Ludmilla Dabo, Kaloune ©Jean-Louis Fernandez
Arts vivants Musique Publié le 21/05/2026
Avec Ludmilla Dabo on est assuré de recevoir une énergie joyeuse et ce serait dommage de s’en priver. Pour son troisième opus créé au Théâtre de la Tempête, la danseuse et comédienne se met en scène avec cinq compagnons, de chant, de danse, de musique, de comédie, pour Musiques en héritage.

Tous les six ont en commun d’être nés dans des familles où la chanson, la musique, la danse, est un ferment. Chants religieux, populaires, folkloriques, poétiques, ils les ont entendus tant de fois… Ils leur ont permis de créer des liens forts avec un grand-père, une grand-mère, un père, une mère, avec l’histoire de leur pays ou de leur région. C’est cet héritage que la lumineuse Ludmilla Dabo a souhaité partager avec le public, composant pour la scène une grande famille, réunionnaise, camerounaise, bretonne, parisienne. Chaque chant est introduit par le contexte dans lequel il a surgi, puis s’est répété au gré de la vie et des réunions familiales. Au fil d’anecdotes savoureuses, de joyeux souvenirs où tout le monde entonnait un air connu de tous, où l’on demandait à l’adolescent d’accompagner avec son instrument, les tableaux se succèdent, reliant le public à l’intime de ceux qui sont devenus musiciens, comédiens, metteurs en scène. Les uns et les autres se livrent, les uns et les autres délivrent le message de la chanson choisie. L’intime rejoint alors l’Histoire, celle de La Réunion dont la colonisation est racontée en chansons, celle du Cameroun dont la langue bamba est restée au pays que les parents ont quitté mais reste intacte dans les chants appris par une grand-mère aimée, et la mémoire du pays breton et de l'Italie.

 

Associations affectives. Musiques et paroles font surgir les associations affectives, les souvenirs d'enfance et de jeunesse, nourritures spirituelles ou idéologiques, l’émotion transparaît parfois, l’humour toujours. Il s’agit bien d’un héritage, non pas celui sonnant et trébuchant de la fortune, mais celui, simple et harmonieux, de faire unisson avec l’autre. Un héritage dont les héritiers transcendent le temps et les générations.

Sur la scène du théâtre de la Tempête, confidences, musiques, voix et danses s’enchaînent. Les répertoires diffèrent, la diversité prend toute sa place, illuminée par la sincérité et le talent de chacun. Et lorsque, après les applaudissements, la metteure en scène fait venir sur scène une femme vêtue d’un boubou, bien connue des fidèles de la Cartoucherie de Vincennes pour les jus d’hibiscus et de gingembre qu’elle propose avant les spectacles, pour chanter à son tour, l’émotion est à son comble. Expliquant que la chanson qu’elle allait chanter dans sa langue natale expliquait d’où venait le nom Mali et de quoi se nourrissait cette chanson populaire. En l’écoutant, il semblait évident que ce spectacle aurait pu ne jamais s’arrêter.

 

Musiques en héritage, texte et mise en scène Ludmilla Dabo. Avec Anthony Capelli, Ludmilla Dabo, Louis Jeffroy, Kaloune, Gilles Normand, Élise Vigier. Au Théâtre de la Tempête, du 5 au 24 mai.

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