espace abonné Mot de passe oublié ?

Vous n'avez pas de compte ? Enregistrez-vous

Mot de passe oublié ?
ACCUEIL > Oeuvre > Mahn Kloix à Marseille, portrait d’une militante ouïghoure

Mahn Kloix à Marseille, portrait d’une militante ouïghoure

par Pierre Magnetto
Le portrait de la militante ouïghoure Tursunay Ziyawudun sur le mur d’un immeuble du 3e arrondissement de Marseille, par Mahn Kloix. © Naja
Le portrait de la militante ouïghoure Tursunay Ziyawudun sur le mur d’un immeuble du 3e arrondissement de Marseille, par Mahn Kloix. © Naja
Le portrait de la militante ouïghoure Tursunay Ziyawudun sur le mur d’un immeuble du 3e arrondissement de Marseille, par Mahn Kloix. © Naja
Le portrait de la militante ouïghoure Tursunay Ziyawudun sur le mur d’un immeuble du 3e arrondissement de Marseille, par Mahn Kloix. © Naja
Arts visuels Street-Art Publié le 19/10/2021
Le street-artiste, qui a depuis longtemps épousé les causes des femmes et des hommes menant un combat pour un monde plus juste, met une pierre à l’édifice du Musée d’art urbain de Marseille qui entend fédérer autour des arts urbains les habitants des quartiers pauvres de l’arrière port, et recoudre des liens sociaux distendus.

Depuis mi-octobre, le portrait géant de Tursunay Ziyawudun s’affiche en grand format sur la façade d’un immeuble de la rue Felix Pyat à Marseille. C’est la dernière œuvre du street-artiste Mahn Kloix, dont les œuvres se distinguent par leur style très sobre, dessinées et non tracées au trait, avec une prédominance pour une palette allant du blanc au noir en passant par une grande gamme de gris. Pour cette fresque, le peintre a choisi pour sujet cette femme Ouïghoure âgée de 43 ans. Elle vit aujourd’hui réfugiée aux États-Unis d’où elle dénonce la répression sauvage touchant le peuple à majorité musulmane vivant dans la province du Xinjuang en Chine. Tursunay Ziyawudun a été détenue à plusieurs reprises dans des camps d’internement où elle a été victime de violences et de viols. Libérée, elle avait été autorisée à émigrer au Kazakhstan voisin.

 

Des histoires de gens qui se battent pour leurs rêves. Né à Paris en 1980 Mahn Kloix est aujourd’hui installé à Marseille. « Je raconte des histoires, des histoires contemporaines, celles de gens qui nous entourent, des gens qui se battent pour leurs rêves. Mais avant tout, je parle de cette vibrante capacité que nous avons tous en nous de faire évoluer le monde dans lequel nous vivons », propos rapportés dans une biographie signée Théophile Pillault. Il rend hommage à ces gens en peignant en grand leurs portraits dans les rues. Des manifestants de la Place Taksim à Istanbul aux insurgés de la révolution de jasmin en Tunisie, en passant par les indignés d’Athènes, les victimes de l’homophobie, la chanteuse kurde Nûdem Durak ou encore les Femen, l’artiste trouve son inspiration dans la contestation, et ses modèles dans les individus portant l’espoir d’un renouveau, œuvrant pour un monde plus libre.

 

Un musée d’art urbain à ciel ouvert. Sa fresque de la rue Felix Pyat constitue une des premières réalisations portées par le  projet de MÉTA 2 d'un Musée d’art urbain de Marseille. MÉTA 2 est un pôle de création en arts visuels et arts urbains, un lieu de résidence d’artistes, qui développe des projets participatifs, d'insertion par l'art et de médiation dans l'espace public. Implanté dans le 3e arrondissement de Marseille, là où débutent les quartiers Nord, là où Mahn Kloix a graffé le portrait de la Ouïghoure. Le MauMA se veut un musée à ciel ouvert, dans les quartiers de l’arrière-port de Marseille, oubliés du périmètre d’Euroméditerranée. Cette vaste opération de rénovation urbaine a été lancée en 1995 pour transformer les anciennes installation industrielles ou logistiques laissées en jachère avec le déclin de l’activité du port de commerce presque entièrement transférée à l’Ouest du département. Mais il y a les oubliés de l’histoire, des quartiers populaires et pauvres. Avec le parcours artistique qu’il entend développer dans les rues de ces quartiers, le MauMA souhaite fédérer les habitants, les élus et les chefs d’entreprises autour de l’art urbain, avec l’espoir que les œuvres des street-artistes participent à la renaissance d’une identité dans ces morceaux de ville aujourd’hui délaissés.

Partager sur
Fermer