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Mot de passe oublié ?Le Festival International du Documentaire et du Reportage sur la Méditerranée (Primed) qui se déroule du 28 novembre au 5 décembre à Marseille fête ses 30 ans. L’occasion pour l’équipe du Centre Méditerranéen de la Communication Audiovisuelle, dirigée par Valérie Gerbault, de donner un relief particulier à l'édition. Le festival accueillera cette année les premières rencontres de la production documentaire en Méditerranée. Coorganisées avec la délégation Méditerranée de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA), elles rassembleront réalisateurs, producteurs et diffuseurs avec pour objectif, comme le souligne son délégué Bruno Masi, « de créer un espace d'échange sur les réalités du marché, d'analyser l'apprentissage par l'échec sur des projets non aboutis, et d'explorer les perspectives d'avenir : l'impact de l'intelligence artificielle, les nouveaux modes de financement ainsi que la diffusion en ligne et sur les plateformes ». Cette manifestation professionnelle tombe fort à propos. Le Primed, qui a reçu cette année 607 films candidats à la sélection en provenance de plus de 50 pays pour n’en retenir que 24 comme le veut son format, témoigne d’une production documentaire en pleine expansion et qui a sans doute besoin de mieux se structurer en facilitant le lien entre les divers partenaires de la filière.
Iran, Israël et la bombe, une projection-débat événement au Mucem. Sur le plan documentaire, une projection événement marquera ces 30 ans. Dans l’auditorium du Mucem, le jeudi 3 novembre, sera présenté hors compétition « Iran, Israël et la bombe », en présence des deux réalisateurs Miyouki Arakami et Sylvain Lepetit, tous deux lauréats du prix Albert Londres pour d'autres travaux. « Un film qui raconte la genèse de l'infiltration d'Israël dans le système nucléaire iranien et qu'il nous a semblé important de montrer car il apporte quelques clés de compréhension sur les enjeux du nucléaire et la guerre au Moyen-Orient », souligne Valérie Gerbault. La projection sera suivie d’un débat animé par Delphine Minoui, grand reporter au Figaro, et présidente du jury du Primed 2026. Elle-même a reçu le prix Albert Londres pour des reportages en Iran et en Irak. Enfin, les trois décennies d’existence du Festival seront revisitées par France Télévisions et Ici Provence-Alpes-Côte d’Azur qui préparent une programmation spéciale, diffusée toute la semaine sur leurs antennes linéaires et numériques, avec des émissions, des entretiens, des documentaires inédits. France TV donnera la parole à des jeunes, parmi les 3800 lycéens de la région Sud PACA et venant de divers pays méditerranéens (Italie, Égypte, Maroc, Algérie, Tunisie). Ils attribueront le Prix des jeunes de la Méditerranée à l’un des trois films sélectionnés dans cette catégorie.
La Méditerranée en ébullition Les différents thèmes retenus pour la sélection des 24 films en compétition montrent l’engagement de la jeunesse et l’entrave aux libertés publiques : la lutte contre la corruption avec la jeunesse serbe (Réveille-toi, Serbie), la quête de visas et d'ouverture au Kosovo, ou la difficulté d'exprimer son affection dans l'espace public en Égypte. Ils traitent de la justice, de la mémoire et des nouvelles technologies : la traque des criminels de guerre en Syrie via les réseaux sociaux, l'utilisation de l'IA et de l'architecture pour les exhumations et identifications des victimes républicaines en Espagne, ensevelies au Valle des los Caidos (vallée de ceux qui sont tombés), le mausolée érigé à la gloire de Franco. Les enjeux environnementaux et géopolitiques sont aussi au cœur du Festival, avec des sujets comme l'accès de la presse à Gaza ou les constructions de barrages en Turquie. Le jury international, présidé par Delphine Minoui, rendra son verdict le vendredi 4 novembre lors de la cérémonie de clôture organisée à l’Artplexe Canebière.