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Mot de passe oublié ?Dans un noir crépusculaire, juste bordé au sol par un rai de lumière brute, une figure apparaît ici, disparaît là, réapparaît, au gré de projections lumineuses inattendues. La silhouette, gracile, évolue avec lenteur, un pas puis un autre, dans l’espace vide, obscur, silencieux, puis elle s’allonge pour épouser une roche recouverte de mousse, sur fond de jungle. Jusqu’à se métamorphoser en une élégante chimère des bois, avant de se fondre dans le paysage. "Créer un monde infini dans ce qui est fini" explique Samuel Faccioli qui a conçu la pièce avec Bérengère Fournier. C'est en effet un monde onirique, un monde utopique, renforcé par des décors et des éclairages somptueux, qui se crée et disparaît par la gestuelle magique de la danseuse. Comme si l'on était passé de l'autre côté de la paroi, de l'autre côté de la frontière.
La lumière, parfois aveuglante, est guidée par la musique. Elle jette son dévolu à un endroit de la scène, sculpte les reliefs, avant de disparaître et de gommer ce qui s’est laissé voir. L’attention est accrue, l’ouïe se tend, dans l’attente d’une prochaine apparition. La frontière entre le visible et ce qui ne l’est pas se déplace, créant un rythme intérieur dans cet univers inédit. En apparaissant, les tableaux habitent et colorent le vide noir, impriment une présence, une vie. En disparaissant, ils rejoignent les songes.
Vivarium, pièce chorégraphique de la compagnie La Vouivre. Conception et chorégraphie : Bérengère Fournier et Samuel Faccioli. Avec Bérengère Fournier. Conception lumière et technologies créatives : Jéronimo Roe et Jeff Desboeufs. Conception numérique : Adrien Mondot. Musique : Julien Lepreux. Du 6 au 19 juillet (relâche les 8 et 15 juillet) à 11h30. La scierie, 15 Bd du Quai Saint-Lazare, dans le Off d'Avignon.